La Troisième et Quatrième Crise : Enjeux Planétaires et Numériques
La troisième crise mondiale est intrinsèquement liée aux limites planétaires et écologiques. Michael Albertus, chercheur à l’université de Stanford, souligne que la combinaison de la rivalité entre puissances, du changement climatique, de la croissance démographique, des migrations et des avancées technologiques favorise le retour des conquêtes territoriales. Il rappelle que la Terre, tout en accueillant et nourrissant les populations, est également un socle d’identité communautaire et un enjeu de souveraineté. L’exemple de la conquête de l’Arctique illustre cette dynamique.
La quatrième crise, quant à elle, concerne l’émergence d’un espace numérique échappant à la gouvernance des États. Paul Saffo, prospectiviste basé dans la Silicon Valley, indique que, tout comme l’imprimerie a conduit à la naissance de l’État-nation, l’espace des télécommunications, incontrôlable par les gouvernements, établit les bases d’un nouveau système. Dans cet environnement numérique, des agents autonomes d’intelligence artificielle interagissent avec des humains, opérant souvent dans l’ombre. L’intégrité territoriale de l’État-nation est ainsi remise en question, partageant son pouvoir avec des cités-États actuelles et potentiellement des « Network States » à l’avenir, qui relient des « migrants » unis par des valeurs communes.
Pour anticiper le monde de demain, une réévaluation de notre système de représentation est essentielle. Gilles Gressani, fondateur et directeur du Grand Continent, nous invite à réfléchir sur notre connaissance de la pensée contemporaine chinoise, posant la question de notre capacité à nommer trois Chinois vivants.
Source : Futuribles, Michael Albertus, Paul Saffo, Gilles Gressani.


