HISTOIRE. Les bagnes à l’époque du Premier Empire

Les bagnes à l’époque du Premier Empire : Un système carcéral en pleine expansion

Au cours du Premier Empire, la politique carcérale en France se caractérise par un retour aux traditions répressives et un développement significatif du système des bagnes. Ces établissements sont perçus par l’opinion publique comme des institutions à la fois dissuasives et rentables, incarnant un modèle de répression. Ce n’est qu’à partir de la monarchie de Juillet que des voix commencent à s’élever pour critiquer l’archaïsme de ce système, et il faudra attendre le IIe Empire pour que les bagnes métropolitains ferment définitivement, au profit de ceux d’outre-mer.

Historiquement, les galères ont dominé la Méditerranée pendant des siècles. Ces navires de guerre nécessitaient entre 100 et 200 rameurs, et parfois jusqu’à 300. À partir du XVIe siècle, ces rameurs ne sont plus des marins libres, mais des captifs, généralement des prisonniers turcs ou des condamnés. La puissance maritime française, qui se renforce sous Richelieu, dépend alors de plusieurs milliers de galériens, alimentés par un système judiciaire qui encourage les tribunaux à envoyer des condamnés au bagne de Marseille, base des galères.

Avec le XVIIIe siècle, la décadence des galères s’amorce. Les navires à voiles, plus efficaces, remplacent progressivement ces galères coûteuses. En 1748, une ordonnance royale déclare que toutes les galères dans les ports doivent être désarmées, et les galériens deviennent des forçats, affectés à des travaux pénibles à terre.

La gestion des bagnes est assurée par un personnel spécifique, hérité des équipages des galères. Ce personnel, comprenant des argousins et des pertuisaniers, est souvent en proie à des problèmes de discipline et de moralité. Des réformes sont mises en place en 1793 pour remédier à ces problèmes, remplaçant les pertuisaniers par un corps unique de gardes.

Au cours de la période napoléonienne, le profil des détenus évolue. Le Code pénal de 1810 élargit les motifs de condamnation aux travaux forcés, mais exclut les femmes, les mineurs et les personnes âgées de plus de soixante-dix ans des bagnes. En 1812, le nombre de forçats atteint 10 000, culminant à 16 305 en 1814, marquant l’apogée du système des bagnes en France.

Les bagnes de Toulon, Brest et Rochefort sont les principaux établissements de ce système. D’autres bagnes plus petits, comme ceux de Lorient, du Havre ou de Nice, sont également créés, mais ferment généralement rapidement. En 1830, le nombre de forçats est tombé à 6 000, illustrant la fin d’une ère.

Cette période est ainsi marquée par un système carcéral qui, bien que répressif et controversé, a joué un rôle crucial dans la gestion des condamnés en France.

Source : Service Historique de la défense de Brest, sous-série 2 0.

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