Souveraineté des données : un sujet qui doit remonter jusqu'au Comex

Souveraineté des données : Un enjeu stratégique pour les Comex

Les données conditionnent en grande partie les décisions du Comex, et donc la performance de l’entreprise. La souveraineté des données ne peut plus se limiter à un choix d’hébergement technique.

Le comité exécutif (Comex) d’une entreprise prend ses décisions sur la base de données, traduites en tableaux de bord, prévisions et indicateurs de performance. Historiquement, la gestion de ces données a été perçue comme une responsabilité des équipes techniques, souvent reléguée à la direction des systèmes d’information (DSI). Cependant, cette perception doit être réévaluée. Avec l’essor des fournisseurs Cloud et la montée de l’intelligence artificielle générative, la souveraineté des données devient un enjeu commercial à part entière, affectant la capacité d’une entreprise à décider librement de son avenir.

Un sujet de pilotage, pas seulement d’hébergement

Au sein des organisations, il est courant de confier la souveraineté numérique aux équipes techniques en leur demandant de choisir une solution d’hébergement. Cela détourne l’attention du véritable enjeu : la maîtrise des données, qui sont au cœur du business, allant des informations clients aux contrats. Sans cette maîtrise, l’entreprise ne contrôle pas ses décisions. L’intelligence artificielle générative permet au Comex de demander des analyses en langage naturel, souvent directement connectées aux bases de données, sans passer par la DSI. Si ces données sont hébergées sans garanties souveraines, cela expose la gouvernance et la confidentialité de l’entreprise.

Des usages quotidiens à sécuriser

La souveraineté ne se joue pas uniquement au niveau de l’infrastructure globale ; elle se manifeste également dans les pratiques quotidiennes des collaborateurs. Chaque employé doit se poser la question de l’acheminement de ses documents et des personnes qui peuvent y accéder. Ce défi est accentué par le phénomène de Shadow IA, où les employés utilisent des outils d’intelligence artificielle générative sans contrôle. L’envoi de données d’entreprise vers des outils non souverains équivaut à abandonner une partie de la propriété intellectuelle de l’entreprise. La souveraineté doit devenir un réflexe partagé, nécessitant un effort de formation pour les managers et les équipes commerciales.

Cartographier ses risques et ses dépendances

Pour reprendre le contrôle, les organisations peuvent procéder par étapes. D’abord, il est essentiel de catégoriser les données afin d’identifier celles qui sont critiques. Ensuite, il convient d’évaluer la dépendance aux fournisseurs, en considérant les alternatives en cas d’augmentation significative des tarifs. Enfin, il est crucial d’intégrer la souveraineté dès le lancement d’un projet, en choisissant une architecture adaptée, qu’elle soit interne, en Cloud public ou en Cloud souverain, reconnu par des référentiels comme SecNumCloud.

Un contrôle à exercer, et à faire vivre dans la durée

Savoir où sont stockées les données est une première étape, mais il est également nécessaire de connaître les personnes qui y ont accès. Des audits réguliers des droits d’accès, au moins une fois par an, permettent d’identifier qui accède à quoi et pourquoi. Ces audits révèlent souvent des failles à corriger. Le rôle de la direction générale devient crucial, car la souveraineté doit être soutenue par un sponsor au niveau du Comex, capable de débloquer les ressources nécessaires.

La souveraineté des données ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme un levier permettant de mieux maîtriser les outils d’intelligence artificielle et de garantir à l’entreprise la liberté de choisir les meilleures solutions disponibles sur le marché.

Source : Journal du Net

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