La première détection de carbone macromoléculaire sur Mars
Le rover Perseverance, qui a récemment achevé un marathon de cinq ans sur la planète rouge, a réalisé une avancée historique en enregistrant la détection organique la plus fiable jamais effectuée dans le cratère Jezero. Il s’agit également de la première identification de carbone macromoléculaire sur une surface rocheuse naturelle martienne. Cette découverte provient d’un affleurement connu sous le nom de Cheyava Falls, qui est déjà considéré comme le seul échantillon martien possédant une potentielle biosignature.
Depuis son atterrissage en 2021, Perseverance explore le delta du cratère Jezero, un ancien lac martien. Au sein d’un affleurement nommé Bright Angel, l’équipe scientifique a analysé deux mudstones, des roches argileuses sédimentaires, désignées sous les noms de Walhalla Glades, Steamboat Mountain et Beaver Falls. Les résultats, publiés dans la revue Science Advances, révèlent la présence de centaines de composés organiques, dont le carbone macromoléculaire. Ces observations sont qualifiées de détection organique la plus fiable à ce jour dans le cratère Jezero.
L’affleurement Bright Angel est également le site de la formation Cheyava Falls, qui a suscité l’intérêt des chercheurs en raison de ses mystérieuses « taches de léopard ». Bien que les nouvelles molécules organiques ne changent pas la classification de Cheyava Falls, elles enrichissent le contexte géochimique pour des analyses futures.
Il est crucial de noter que le terme « organique » en chimie désigne simplement des molécules à base de carbone, sans impliquer une origine biologique. Ces molécules peuvent se former par des processus géochimiques, sans nécessiter la présence de vie. L’état de conservation des molécules détectées est particulièrement intrigant, car elles semblent à peine altérées, ce qui pourrait indiquer que ces roches ont été récemment exposées à la surface martienne ou que ces composés sont plus résistants que prévu aux radiations.
La NASA évalue la recherche de vie selon une échelle de confiance à sept niveaux, appelée échelle CoLD. Actuellement, même avec la potentielle biosignature de Cheyava Falls, nous ne sommes qu’au premier niveau, qui consiste en la détection d’un signal potentiel. Les étapes suivantes nécessitent d’exclure toute contamination et de vérifier la faisabilité biologique.
Ces découvertes de carbone macromoléculaire s’inscrivent dans une démarche méthodique visant à enrichir le contexte de recherche sans précipiter les conclusions.
Source : Science Advances


