ZOULERAH NORDDINE / AFP
Figure de la gastronomie française, Jean Imbert avait été placé en garde à vue lundi matin à Paris et fait l’objet de trois plaintes d’ex-compagnes pour violences conjugales.
Menacé d’une mise en examen, celui que l’on surnomme le « cuisinier des stars », le chef Jean Imbert, a finalement été placé sous le statut de témoin assisté ce mercredi 5 août, dans le cadre de l’information judiciaire qui a été ouverte contre lui pour violences habituelles ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à huit jours, par conjoint ou concubin.
Comme l’indiquent BFMTV et Le Figaro, aucune mise en examen n’a été exécutée contre le chef cuisinier, qui « conteste la qualification pénale des éléments reprochés », avait plus tôt précisé le parquet de Paris à l’AFP.
« Une instruction est en cours et elle est couverte, comme vous le savez, par le secret », a déclaré Jacqueline Laffont, son avocate avec Julie Benedetti, en sortant de l’interrogatoire, vers 17h15. « Je voudrais peut-être simplement vous dire qu’en fait, il y a ce qui est véhiculé dans les médias (.) dans les réseaux sociaux, et puis il y a les dossiers, la complexité des dossiers, et les décisions de justice, de temps en temps, elles sont assez rassurantes », a-t-elle ajouté.
Après deux jours de garde à vue, le vainqueur de l’émission Top Chef en 2012 a été entendu près de trois heures par un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Paris dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de violences sur plusieurs anciennes compagnes, dont certaines ont porté plainte, comme l’ancienne Miss France 2006 Alexandra Rosenfeld.
Au total, six ex-compagnes de Jean Imbert ont été entendues par les enquêteurs et ont « toutes confirmé » avoir été victimes de violences ou de contrôle coercitif, indique également le parquet. Celui-ci a retenu des charges au préjudice de deux d’entre elles, pour les faits les plus récents, qui auraient été commis entre décembre 2023 et novembre 2024. Elles ont demandé que leur anonymat soit respecté.
« Les faits susceptibles d’avoir été commis au préjudice des quatre premières femmes apparaissent prescrits, raison pour laquelle l’ouverture d’information judiciaire porte sur les faits et gestes décrits à partir de 2023 », est-il précisé. Après 48 heures de garde à vue, le parquet a donc ouvert une information judiciaire.
Les victimes ont « dénoncé des violences, de différentes natures »
La première plainte contre l’ancien lauréat de Top Chef, qui s’est depuis hissé jusqu’aux fourneaux du Plaza Athénée à Paris et du Martinez de Cannes, avait été déposée il y a un an par l’actrice Lila Salet, 35 ans, pour des faits remontant à 2012-2013. L’ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld avait, quant à elle, dénoncé publiquement des violences dont elle aurait été victime de la part de Jean Imbert, au cours de leur relation entre 2012 et 2014 et avait annoncé au printemps faire partie des plaignantes.
D’autres « autres anciennes compagnes ont été entendues, chacune a dénoncé des violences, de différentes natures », a ajouté le parquet, avec un « retentissement psychologique » évalué entre 25 et 30 jours pour chacune d’elles. « Plusieurs d’entre elles ont évoqué des éléments constitutifs de contrôle coercitif, comme le contrôle de leurs fréquentations, de leurs sorties ou de leur apparence. Des confidents des victimes ont attesté de traces de mors ou de bleus, de comportements humiliants, voire d’enfermement dans une pièce », a poursuivi le parquet.
Au moment de sa garde à vue, les avocates de Jean Imbert avaient fait savoir à l’AFP qu’il répondait « à toutes les questions des enquêteurs » et qu’il s’était rendu à son audition « avec de nombreux documents, pièces, autant d’éléments matériels solides qui étayent sa version des faits. »
Source : AFP.


