Psoriasis : une faille génétique identifiée, des patients enfin soulagés
Pourquoi certaines personnes souffrant de psoriasis sont-elles réfractaires à toutes les thérapeutiques, y compris les dernières biothérapies ? Un consortium international de chercheurs, coordonné par le Français Hervé Bachelez, a identifié une mutation rare chez ces patients, entraînant des réponses impressionnantes aux médicaments ciblant la voie inflammatoire.
Le Journal of Experimental Medicine explique que certains patients présentant des comorbidités ne répondent à aucune thérapeutique médicamenteuse, même aux plus récentes biothérapies.
Dans les psoriasis sévères en échec thérapeutique, la piste génétique ouvre l’ère de la médecine de précision
Ce type de psoriasis (en plaques à début précoce) est en réalité différent. Les chercheurs ont mis en évidence une mutation rare d’un gène nommé ADAR1. Cette anomalie provoque, en présence d’ARN messagers, une inflammation particulière. Jusqu’à présent, cette voie inflammatoire n’était pas ciblée par la majorité des traitements disponibles contre le psoriasis.
Le gène ADAR1 joue un rôle de régulateur du système immunitaire, empêchant l’organisme de déclencher des inflammations inutiles. Lorsque cette protection est compromise, le système immunitaire produit en excès des protéines inflammatoires, entraînant une inflammation chronique de la peau.
Des effets inversés par deux traitements ciblés
Suite à cette découverte, les médecins ont proposé un traitement à 12 patients porteurs de la mutation. Ils ont reçu deux médicaments ciblant cette voie inflammatoire : l’upadacitinib et le deucravacitinib. Les résultats ont été remarquables, permettant des rémissions complètes chez des patients auparavant réfractaires à tout traitement.
Des analyses cutanées ont également montré que l’inflammation ne provient pas seulement du système immunitaire, mais aussi des cellules de la peau, notamment les mélanocytes, expliquant ainsi les troubles de pigmentation observés chez un quart des personnes atteintes.
Ces travaux ouvrent plusieurs perspectives, notamment la possibilité d’un test génétique pour identifier rapidement les patients concernés et leur proposer le traitement adapté. À plus long terme, il sera essentiel d’explorer si ce mécanisme est impliqué dans d’autres maladies inflammatoires fréquentes, telles que la dermatite atopique ou le diabète de type 1.
Source : Journal of Experimental Medicine


