En Bourgogne, le climat affecte les vendanges à venir : « Les raisins sont tout petits, tout durs »
À cause des canicules à répétition et de la sécheresse, les vendanges sont une nouvelle fois précoces. En Champagne, la publication des bans a été avancée au 12 août. Cependant, en Bourgogne, la situation reste incertaine selon les différentes appellations.
Les vendanges se profilent de plus en plus tôt : dès le début du mois d’août, la question des récoltes se pose. En Champagne, les vignerons ont été surpris par la rapidité de la maturation des grappes de raisin, entraînant l’avancement de la publication des bans. En Bourgogne, bien que la floraison des vignes ait été précipitée par les fortes chaleurs, le manque d’eau semble retarder la possibilité de vendanges anticipées.
Jean-Yves Bizot, vigneron à Vosne-Romanée (Côte-d’Or), estime que les vendanges pourraient avoir lieu entre le 18 et le 20 août. Malgré des récoltes encore incertaines, il commence déjà à anticiper cette période. Il souligne que les raisins, malgré des conditions climatiques difficiles, tiennent bon, mais il craint un millésime avec une acidité marquée due au manque d’eau, réduisant ainsi le volume de jus.
Raphaël Masson, président de l’organisme de défense et de gestion (ODG) Bourgogne Tonnerre, constate également une taille anormale des raisins : « Les raisins sont tout petits, tout durs. Il y a des grappes, mais il n’y a pas de jus. » Dans le Tonnerrois, aucune date de vendanges n’a encore été fixée, et les prévisions pour les vins tranquilles ne sont pas attendues avant début septembre.
Cette situation alarmante augure d’une baisse des rendements. Raphaël Masson estime que les rendements pourraient chuter à environ 30 ou 40 hectolitres par hectare, bien en dessous de la norme habituelle de 60 hectolitres. Les vignerons pourraient être contraints d’augmenter leurs prix de vente, mais la consommation générale de vin est en baisse, ce qui pourrait limiter leur capacité à le faire.
Depuis deux ans, certaines appellations de Bourgogne, notamment les blancs de l’Yonne, sont délaissées au profit de vins moins coûteux, ce qui pourrait exacerber les difficultés financières des producteurs. Jean-Yves Bizot admet avoir des réserves pour faire face à cette récolte, mais il évoque des récoltes précédentes déjà faibles.
Dans le Mâconnais, certains vignerons restent optimistes, espérant que des pluies viendront améliorer la situation. Aurélie Cheveau, présidente de l’ODG Pouilly-Fuissé, souligne qu’il n’est pas impossible de réaliser un bon millésime, tout en espérant une pluie salvatrice.
Source : France 3 Régions


