"Il y a des abus" : à l’approche du budget 2027, l’épineux bilan des dispositifs contre l’apnée du sommeil

Il y a des abus : à l’approche du budget 2027, l’épineux bilan des dispositifs contre l’apnée du sommeil

L’apnée du sommeil, longtemps ignorée, devient un sujet brûlant à l’approche du budget 2027. Les dispositifs de pression positive continue (PPC), qui ont été adoptés par plus de 1,8 million de patients en France, sont désormais au cœur des débats sur les dépenses de santé. En 2025, ces dispositifs devraient coûter environ 1,1 milliard d’euros, une hausse significative qui suscite des inquiétudes quant à leur utilisation.

Dans les années 1960, le médecin Henri Gastaut a identifié l’apnée du sommeil, un syndrome qui perturbe la respiration durant le sommeil. La mise au point, en 1981, des masques PPC a révolutionné la prise en charge de cette pathologie. Cependant, quatre décennies plus tard, ces appareils sont critiqués pour leur coût élevé et leur efficacité contestée.

L’Assurance maladie a signalé une augmentation de 38 % des remboursements de PPC depuis 2019, avec des dépenses croissant de 9,6 % par an. Cette situation est d’autant plus préoccupante que des études récentes remettent en question l’efficacité des PPC, notamment une méta-analyse de 2023 indiquant un effet globalement neutre sur les patients, voire une surmortalité cardiovasculaire dans certains cas.

En réponse à cette situation, l’Assurance maladie envisage de restreindre les prescriptions de PPC aux seuls patients « symptomatiques », alors que de nombreux appareils sont actuellement attribués à des patients asymptomatiques. Une stratégie de déremboursement pour les cas de « non-observance » est également à l’étude, avec l’objectif de réduire les coûts.

Les prestataires de soins sont également sous surveillance, certains ayant été identifiés pour des pratiques douteuses, comme le diagnostic à la chaîne. L’Assurance maladie estime qu’une lutte contre la fraude pourrait générer des économies significatives, évaluées à 42 millions d’euros sur trois ans.

Malgré ces efforts, les dépenses liées aux traitements continuent d’augmenter, avec une hausse de 5 % par rapport à 2024. La situation soulève des questions sur l’équilibre entre la nécessité de traitement et la gestion des coûts dans le système de santé français.

Source : L’Express

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