Chez Infiniglass, la prévention santé devient un investissement quotidien
C’est à l’occasion du retour en poste d’un salarié après un accident du travail qu’Ingrid Rodriguez, directrice générale de la PME varoise Infiniglass, a décidé de placer la prévention santé au cœur de son entreprise. Avec 18 salariés et un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, cette stratégie est mise en œuvre quotidiennement, Ingrid Rodriguez affirmant que « cela permet d’avoir des collaborateurs en bonne santé tout en améliorant la performance ».
Un accompagnement de tous les jours
Dans cette miroiterie familiale, les employés manipulent de grands plateaux en verre. « Nous les coupons, façonnons et décorons pour nos clients, qui sont à 90 % des professionnels : des gérants dans l’hôtellerie-restauration, des cuisinistes, des architectes ou des menuisiers », explique Anthony, chef d’atelier. Les équipes sont confrontées à des contraintes physiques permanentes, telles que la manutention de charges lourdes, le bruit des machines, des postures répétitives et la poussière liée au sablage du verre. Pour évaluer ces risques, Odalia, le service de prévention et de santé au travail du Var, a mené plusieurs analyses sur le site concernant le bruit, l’éclairage, l’organisation des flux de production et le risque chimique lié à la silice.
Depuis 2022, une première visite avec un médecin du travail a été réalisée, et le plan de prévention a été mis à jour avec l’aide de Virginie Weiss d’Odalia. Fondée en 1897 et dirigée par la quatrième génération familiale, cette miroiterie, implantée à Six-Fours-les-Plages et à Cannes, a engagé une réflexion sur ses pratiques. Ingrid Rodriguez souligne que « la prévention santé sur le lieu de travail est un investissement de tous les jours », reposant sur des actions peu coûteuses et des investissements dans des machines qui réduisent la pénibilité.
Améliorer la vie au travail
Pour faciliter le travail et prévenir les risques, l’entreprise a investi 180 000 euros en 2024 dans une table de coupe du verre feuilleté, réduisant ainsi les manipulations. « Le plateau avance tout seul, se positionne et, une fois coupé, il se retourne automatiquement », précise Anthony. Un système d’air comprimé aide également à déplacer les plaques, qui peuvent peser jusqu’à 150 kg. « L’aide de la machine nous permet de durer plus longtemps », ajoute-t-il.
Ingrid Rodriguez travaille actuellement sur une étude pour intégrer un exosquelette, qui pourrait assister le dos, les mains et parfois la nuque. Trois modèles ont été identifiés avec l’ergonome Julie Réal d’Odalia, qui a également proposé des axes de prévention collective.
Une attention de chaque instant
Dans un secteur à risque comme la miroiterie, une vigilance constante est nécessaire. Julie Réal souligne l’importance de questionner régulièrement les pratiques et d’adapter les solutions aux réalités de chaque entreprise. « On ne peut pas demander à un dirigeant de tout changer d’un coup », indique-t-elle.
Un retour sur investissement triplé
La prévention santé se révèle également économiquement bénéfique. Selon Odalia, chaque euro investi dans la prévention génère trois euros de retour sur investissement, grâce à la diminution des accidents et des maladies professionnelles. « Les retombées sont majeures en interne, comme pour la société en général », conclut Virginie Weiss.
La prochaine étape pour Infiniglass consiste à étendre les mes et investissements réalisés à Six-Fours-les-Plages vers l’atelier de Cannes, où la PME emploie huit personnes. « Nous voulons automatiser notre deuxième classeur et identifier le collaborateur adéquat pour tester l’exosquelette », conclut Ingrid Rodriguez.
Source : Infiniglass