Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump as que les négociations reprennent, l’Iran dément
Une nouvelle fois, Donald Trump a affirmé que des négociations étaient en cours avec l’Iran pour mettre fin au conflit. Ce lundi 3 août, le ministère iranien des Affaires étrangères a démenti cette information, précisant qu’aucune reprise des discussions n’avait eu lieu.
Quelques jours auparavant, Trump avait menacé de « frapper fort » la République islamique, avant de se raviser. Des médias américains, dont CBS News, ont évoqué la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques. Le président américain a déclaré avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de plusieurs pays de la région, qui selon lui « pensent qu’on a un accord ». Il a mentionné un accord sur le détroit d’Ormuz, suivi d’un potentiel accord sur le nucléaire, voire sur la dénucléarisation de l’Iran. Cette demande aurait été formulée par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et l’Iran.
Selon l’agence de presse saoudienne, Trump a eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, qui l’a exhorté à « privilégier le dialogue afin de réduire les tensions ». Par ailleurs, les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l’Iran, ont intensifié leur implication dans le conflit depuis le début des hostilités en juillet, annonçant un blocus des ports saoudiens et attaquant plusieurs pétroliers.
Depuis le déclenchement du conflit le 28 février et les attaques israélo-américaines contre Téhéran, Trump a alterné entre une rhétorique belliqueuse et des promesses de négociations. L’engagement américain reste très impopulaire, avec un coût pour l’armée estimé à près de 37,5 milliards de dollars, tandis qu’une grande partie de l’opinion publique rejette l’intervention américaine.
Romuald Sciora, chercheur associé à l’IRIS, explique que Trump a perdu en crédibilité, tant auprès de l’opinion publique que de sa base électorale. À trois mois des élections de mi-mandat, il pourrait avoir intérêt à conclure un accord, au moins pour sécuriser le passage du détroit d’Ormuz.
Bien que Téhéran ait démenti une reprise des négociations, il avance avec le sultanat d’Oman sur un accord concernant le détroit d’Ormuz. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a déclaré que l’Iran ne négociait pas avec les États-Unis, mais avec Oman pour sécuriser un passage dans cette zone stratégique.
Les prix du pétrole ont réagi aux annonces de Trump, avec une baisse notable après l’annonce d’une reprise des négociations. Le prix du baril de Brent a chuté de 4,59 % pour atteindre 83,89 dollars, tandis que le baril de West Texas Intermediate (WTI) a perdu 5,57 %, tombant à 79,95 dollars. Cette dynamique pourrait affecter l’électorat de Trump, déjà touché par l’augmentation des prix de l’essence.
Source : Public Sénat.


