L’espace Schengen n’est pas en danger, as le ministre de l’Intérieur espagnol
Alors que 72 000 des 70 000 migrants ayant pénétré dans l’enclave espagnole de Ceuta ont déjà quitté la ville, les autorités espagnoles ont organisé une réunion pour apaiser les tensions survenues depuis vendredi. Le ministre de l’Intérieur espagnol a déclaré que cette rencontre s’est tenue dans un climat « constructif ».
Cette atmosphère contrastait fortement avec celle de vendredi, lorsque la cheffe du gouvernement italien, soutenue par le Danemark et la Finlande, a appelé à la suspension de l’Espagne de l’espace Schengen. Ces deux pays ont ensuite adressé une lettre aux institutions européennes, cosignée par 22 États membres, demandant une réponse forte à cette crise. Cette initiative faisait suite à une missive du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, qui avait critiqué l’attitude « égoïste » de certains pays demandant l’exclusion de l’Espagne de la zone de libre circulation en Europe.
Giorgia Meloni, cheffe du gouvernement italien d’extrême droite, a souligné sur les réseaux sociaux que « la ligne que l’Italie défend depuis longtemps est aujourd’hui partagée par un nombre croissant de nations européennes », faisant référence au développement de centres de retour pour les migrants déboutés de leur demande d’asile.
Les États membres satisfaits de la réunion
À l’issue de la réunion, le gouvernement espagnol a fourni des éléments rassurants pour les États membres. « En aucun cas l’espace Schengen n’a été compromis dans cette crise […] L’espace Schengen n’a jamais été en danger, pas même en danger minimal », ont affirmé les autorités espagnoles. Le Danemark a exprimé sa satisfaction quant à la réponse espagnole. Il convient de rappeler que des contrôles sont systématiques pour les personnes souhaitant quitter Ceuta, que ce soit par voie maritime ou aérienne.
Le ministre de l’Intérieur français a également exprimé sa satisfaction. Laurent Nunez a déclaré que « tous et toutes ont convenu que la question de l’espace Schengen n’était pas vraiment le problème, mais plutôt la solution », tout en regrettant les « dissensions » apparues au sein de l’UE après cette crise.
Divergences latentes
Depuis vendredi, l’Espagne a manifesté à plusieurs reprises sa déception face à l’absence de solidarité des autres pays européens. Lors d’une réunion entre ambassadeurs, l’Espagne a exprimé sa frustration concernant le manque de soutien de certains membres de l’UE. Lors de la réunion de mardi, le ministre de l’Intérieur espagnol a également contesté le rétablissement de contrôles pour tous les vols en provenance d’Espagne à destination de l’Italie, demandant leur « levée immédiate ».
Bien que la réunion ait laissé entrevoir une plus grande cohésion entre les pays européens, les divergences exprimées durant la crise de Ceuta ont mis en lumière les profondes divisions existant entre des pays comme l’Italie et l’Espagne.
Source : Public Sénat


