Sécheresse : l’arrêt d’une centrale nucléaire force la Hongrie à la sobriété électrique
La Hongrie se trouve en situation de pénurie électrique après l’arrêt de trois réacteurs de la centrale nucléaire de Paks, en raison d’un faible niveau d’eau dans le Danube, essentiel pour le refroidissement de l’installation. Le quatrième réacteur fonctionne à puissance réduite, produisant seulement 240 mégawattheures (MWh) le 4 août, alors que la production normale atteint 2 000 MWh. Quelques millimètres de pluie ont temporairement retardé l’arrêt complet de la centrale.
Face à cette crise, le gouvernement a appelé les citoyens, les administrations et les industries à réduire leur consommation d’électricité. Selon László Szabó, du laboratoire de recherche REKK, la consommation a chuté à 5 700 MWh, bien en dessous des 6 400 MWh prévus, équivalant à la production d’un réacteur et demi.
András Kéri, de l’institut Energiaklub, souligne que les gouvernements précédents n’ont pas pris au sérieux la menace climatique, bien que les signes de problèmes liés à l’eau soient connus depuis quinze ans. Les entreprises ont été contraintes de réduire leur consommation, avec des usines ralentissant leur activité et des hôtels fermant des installations comme les saunas.
La canicule actuelle, avec des températures dépassant 41 °C, augmente la demande en climatisation, alors que la sécheresse affecte la principale source d’électricité. Les panneaux solaires, représentant un tiers de l’électricité du pays, ne peuvent pas compenser la demande accrue en soirée.
Le gouvernement a également encouragé le report de l’utilisation d’appareils électroménagers et a mis en place le télétravail pour les administrations. Même la présidente par intérim, Ágnes Forsthoffer, a contribué à la réduction de la consommation en éteignant les éclairages décoratifs au palais.
L’industrie a également participé à cet effort. Plus de 300 entreprises ont promis de réduire leur consommation de 400 MW, avec des baisses significatives annoncées par des géants comme SK On et Samsung. Le Premier ministre Péter Magyar espérait obtenir entre 400 et 600 MW d’économies des grands consommateurs.
La mobilisation a permis d’éviter des coupures d’électricité, la consommation étant inférieure de 700 MW aux prévisions. Cependant, cette réduction ne remplace qu’une partie des 2 000 MW de la centrale de Paks, le reste étant fourni par des importations et des centrales au gaz.
La situation actuelle met en lumière la nécessité d’une gestion de la demande d’électricité. La Hongrie montre qu’une réduction de la consommation peut compenser l’absence de production d’une centrale nucléaire. Toutefois, cela soulève des questions sur la viabilité de la concentration de l’industrie et de la production électrique dans une région où les ressources en eau et en énergie sont précaires.
Source : Reporterre


