La loi d’urgence agricole instaure-t-elle une primauté des usages agricoles sur l’eau ?
À proprement parler, la loi d’urgence agricole ne permet pas aux agriculteurs de faire primer leurs usages de l’eau. Cependant, elle leur offre la possibilité d’utiliser des coupe-files, renforce leur implication dans la gouvernance locale de l’eau et confère davantage de pouvoir au préfet. Bien qu’une priorité soit suggérée, elle n’est pas explicitement mentionnée dans le texte.
L’adoption de cette loi controversée a entraîné la démission, non acceptée, de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, le 22 juillet 2026. Cette dernière, opposée au texte, le qualifie de « recul environnemental ». Elle a notamment critiqué la réintroduction d’un pesticide interdit depuis 2020 et a exprimé ses inquiétudes concernant un partage de l’eau déséquilibré.
D’autres experts partagent cette préoccupation. Dans une tribune publiée dans Le Monde le 20 juillet, une spécialiste des politiques agricoles a averti que la loi pourrait consacrer « la primauté absolue des usages agricoles de l’eau sur les besoins des autres usagers ». Cette opinion reflète un sentiment croissant parmi les défenseurs de l’environnement et d’autres acteurs concernés, qui craignent que les intérêts agricoles soient favorisés au détriment de la durabilité des ressources en eau.
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Source : Le Monde, L’Humanité, La Gazette France.

