L’Odyssée de Nolan propulse les ventes des classiques grecs à Toulouse
Boostées par le succès en salles du blockbuster inspiré de l’œuvre d’Homère, les rééditions de L’Odyssée s’arrachent dans les librairies. À Toulouse, entre enthousiasme et prudence, les professionnels du livre constatent un regain de curiosité pour le texte antique.
Quand Hollywood ressuscite le roi d’Ithaque grâce au réalisateur Christopher Nolan, c’est toute la littérature grecque qui frissonne. Avec 3,4 millions de spectateurs en deux semaines, le film L’Odyssée réveille en fanfare le mythe d’Homère, porté par un casting prestigieux incluant Matt Damon en Ulysse, Anne Hathaway en Pénélope et Tom Holland en Télémaque.
Anticipant l’effet rebond lié à la sortie de ce film à gros budget, les éditeurs ont multiplié dès le mois de mai les rééditions de l’épopée du roi d’Ithaque. Ainsi, la vitrine principale de la librairie Ombres Blanches à Toulouse est consacrée aux diverses versions de l’œuvre d’Homère et du monde grec en général. Pauline, une spectatrice, témoigne : « En sortant, j’ai eu envie de racheter cet ouvrage pour le relire. Mes derniers souvenirs remontent au lycée. C’est une super histoire, fondatrice de notre civilisation. »
Au rayon Lettres classiques d’Ombres Blanches, le libraire Sylvain Palmier note une augmentation des ventes : « Depuis le 15 juillet, nous en vendons deux à trois fois plus qu’en temps normal. » Il ajoute que le texte original de L’Odyssée est particulièrement populaire. De plus, L’Odyssée de Christophe Ono-dit-Biot, une version moderne et accessible, est déjà en cours de réimpression en raison de son succès.
Julian Montané, de la librairie Privat, partage une nuance : bien que la hausse des ventes soit réelle, elle n’est pas « exponentielle », le texte antique « faisant encore peur à certains lecteurs ». Les formats Poche sont les plus demandés, et Montané souligne l’importance de la passerelle entre littérature et cinéma.
Charlotte Petit, libraire à L’Autre Rive, observe également une progression modérée : « Ce n’est pas la déferlante, mais on constate un réel retour vers cet ouvrage. » Elle ajoute que le film peut inciter les lecteurs à redécouvrir ces grands textes, ce qui est toujours stimulant pour la curiosité envers les classiques.
Source : La Dépêche


