Liban : six ans après l’explosion du port de Beyrouth, l’espoir que la justice avance enfin
Le Liban commémore ce mardi 4 août le sixième anniversaire de l’explosion dévastatrice du port de Beyrouth, une tragédie qui a causé la mort de plus de 235 personnes et blessé plus de 6 500 autres. Les familles des victimes continuent de réclamer justice, et les récents développements de l’enquête ravivent l’espoir d’établir enfin des responsabilités.
Le 4 août 2020, une gigantesque explosion a ravagé le port de la capitale libanaise, détruisant de vastes quartiers. L’enquête a révélé que la catastrophe a été provoquée par la combustion de centaines de tonnes de nitrate d’ammonium stockées dans le port. Depuis, les investigations ont été entravées par des blocages politiques, avec des recours judiciaires multipliés par des responsables et anciens ministres, paralysant ainsi la procédure.
Pour les familles des victimes, l’attente de justice est devenue insupportable. Paul Naggear, dont la fille de trois ans a péri dans l’explosion, déclare : « Tant qu’il n’y a pas de justice, sa vie n’a aucune valeur. »
Un tournant pourrait survenir avec l’entrée en fonction du président Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam, qui ont promis que les responsabilités seraient établies. Le juge d’instruction Tarek Bitar a repris son enquête et a remis, fin mars 2026, un rapport au parquet, qui mentionne des accusations visant 70 personnes.
À l’occasion de ce sixième anniversaire, le président Aoun a appelé à la publication de l’acte d’accusation, soulignant que cela est « une nécessité qui ne souffre plus aucun délai supplémentaire ». Il a également exhorté le pouvoir judiciaire à prouver son indépendance et sa capacité à rendre justice aux victimes.
Dans un communiqué, le président a rendu hommage aux victimes, déclarant que cette tragédie a « changé le visage de Beyrouth » et laissé une bles toujours ouverte. Le ministre de la Justice, Adel Nassar, a également honoré les victimes, affirmant que l’État et la justice doivent permettre à ce dossier d’aller jusqu’au bout.
Source : L’Express

