Ormuz en chiffres : Ce que les oléoducs peuvent vraiment soulager
En 2025, près de 15 millions de barils de brut par jour devraient franchir le détroit d’Ormuz. Dans ce contexte, la question se pose : combien de ce flux pourrait, en théorie, lui échapper par voie terrestre ? Les oléoducs existants et projetés pourraient détourner environ 11,5 millions de barils par jour, soit près des trois quarts du volume total. Cependant, cette estimation reste largement théorique et dépend de plusieurs facteurs.
Actuellement, le détroit d’Ormuz représente un point névralgique pour le transport du pétrole. En 2025, environ 14,95 millions de barils de brut par jour devraient transiter par ce goulet. Malgré les projets d’expansion des infrastructures, un socle incompressible de plusieurs millions de barils demeure captif d’Ormuz, et l’Iran, qui ne dispose d’aucune alternative terrestre, est particulièrement vulnérable.
Les capacités des oléoducs sont résumées comme suit :
- Arabie saoudite (oléoduc existant) : 5 millions de barils/jour (Mb/j) avec une expansion prévue de +2 Mb/j.
- Irak-Syrie (par extension) : Pas de capacité actuelle, mais +2 Mb/j prévu.
- Émirats arabes unis : 0,7 Mb/j avec une expansion de +1,8 Mb/j.
Le total, dans un scénario maximal, pourrait atteindre environ 11,5 Mb/j, mais il est crucial de noter que cela repose sur des capacités inutilisées et des projets non réalisés, dont la mise en œuvre est incertaine.
En conséquence, même dans le meilleur des scénarios, un volume résiduel de 1,76 Mb/j resterait captif d’Ormuz, dont 1,69 Mb/j proviennent des exportations iraniennes, soulignant la dépendance de l’Iran à ce passage maritime.
Ainsi, bien que les oléoducs puissent théoriquement réduire l’exposition du Golfe à Ormuz, ils ne supprimeront pas la vulnérabilité existante. Ormuz conserve, pour les années à venir, une influence significative sur les marchés pétroliers.
Source : AFP


