Sécheresse. Pour sauver le fourrage, les agriculteurs récoltent le maïs, avec un mois d'avance

Sécheresse : Les agriculteurs bretons récoltent le maïs avec un mois d’avance

En Bretagne, l’ensilage a rarement commencé aussi tôt. En ce début août, les agriculteurs ont été contraints de lancer la récolte du maïs, un fourrage indispensable pour nourrir leurs bêtes durant l’hiver prochain.

Sur une exploitation de Pipriac, au sud de Rennes, les ensileuses fonctionnent à plein régime. Ce lundi 3 août, 19 hectares de maïs sont coupés, une première pour ce producteur laitier à cette période de l’année. David Perrinel, le propriétaire de la parcelle, explique : « En temps normal, nous faisons plutôt cela début ou mi-septembre. Mais nous avons eu un gros déficit hydrique, la plante a stressé et, aujourd’hui, avec les températures élevées, elle est en train de dessécher. »

David n’a donc pas d’autre choix que de récolter son maïs alors qu’il n’a pas fini de grandir, et que l’épi n’est pas mûr. Cela entraîne une perte significative de rendement : « Il faut savoir que sur un maïs, l’épi représente 50 % du rendement et la plante les 50 autres. Donc là, sur un maïs sans épi, il y a 50 % de perte, » se désole-t-il.

Ce constat n’est pas isolé. La coopérative qui loue les ensileuses est surchargée de demandes, et aucune pluie n’est prévue dans les 15 jours à venir. Les agriculteurs s’efforcent de réaliser l’ensilage rapidement, avant que toutes les plantes ne se dessèchent davantage. Pierre-Henri Hamon, gérant d’une entreprise de travaux agricoles, confirme : « La semaine est en train de se charger, et à partir du 10 août, nous allons ensiler tous les jours. »

Dans une autre exploitation, les vaches ne peuvent plus pâturer en raison de l’herbe trop sèche. Gaëllic Leroux doit puiser prématurément dans son stock d’hiver. « On a de la chance, car l’année dernière, les rendements étaient bons. On arrive quand même à nourrir les bêtes, » relativise-t-il. Il bénéficie également d’un système d’irrigation sur une partie de ses champs, qu’il qualifie d' »assurance récolte ». Sans cela, il aurait été contraint d’acheter du maïs, ce qui engendrerait des coûts élevés.

À l’échelle nationale, les pertes dans la production de maïs sont estimées à 30 %, selon le ministère de l’Agriculture.

Source : France 3 Régions

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