Le très touristique lac de Vassivière perd 10 cm d’eau par jour, et c’est volontaire : on vous explique pourquoi
Deux mètres d’eau ont disparu en moins d’un mois au lac de Vassivière (Creuse), dont la fonction première est la production d’électricité et le soutien d’étiage aux rivières du secteur, actuellement en état de sécheresse. Mais pour les professionnels du tourisme, le recul du rivage complique déjà les activités nautiques.
À première vue, le phénomène passe presque inaperçu. Pourtant, le lac de Vassivière, à cheval sur la Creuse et la Haute-Vienne, se vide à un rythme soutenu : près de dix centimètres d’eau disparaissent chaque jour. Depuis plusieurs semaines, la ligne d’eau recule inexorablement, laissant apparaître des berges toujours plus larges et des pontons désormais hors de l’eau.
Au-delà de son rôle touristique, le lac de Vassivière remplit un ensemble de missions essentielles pour le territoire. Cette vaste retenue d’eau sert notamment à soutenir le débit des rivières du secteur en période sèche. Une fonction indispensable pour préserver les milieux aquatiques tout en garantissant l’alimentation en eau potable de plusieurs collectivités et de certaines industries, notamment la centrale nucléaire de Civaux.
« En raison d’un déficit hydrique historique en avril, mai et juin 2026 sur la Maulde et le Taurion, le débit de la Vienne est aujourd’hui particulièrement bas », alerte le syndicat du lac de Vassivière. Pour compenser cette situation et maintenir un débit suffisant dans la Vienne, d’importants lâchers d’eau sont effectués depuis les barrages du lac, expliquant en grande partie la baisse de son niveau.
En attendant le retour des précipitations, le lac de Vassivière alimente la rivière à hauteur de 300 piscines olympiques par jour, selon EDF. Un soutien devenu indispensable dans un contexte de sécheresse persistante depuis le printemps dans le Limousin.
EDF, gestionnaire des barrages, se veut rassurant sur l’état des réserves : « Depuis le début du mois de juin, nous avons utilisé 30 % de nos réserves d’eau. Il nous reste donc 70 % des stocks disponibles. Ce n’est pas le moment de s’inquiéter, même si nous faisons face à une sécheresse longue », as Pierre Astorg, directeur d’EDF Hydro Centre-Ouest. Selon l’énergéticien, les réserves restent suffisantes pour faire face à la fin de l’été, malgré l’absence de précipitations significatives.
Cette baisse rapide du niveau du lac complique le quotidien des professionnels du tourisme. Sur les bases nautiques, les loueurs de bateaux doivent adapter leur activité au fur et à me que l’eau se retire. « On le fait tous les jours. Vu que le niveau baisse de 10 centimètres par jour et qu’il y a des pierres qui apparaissent, on est obligés d’en retirer certaines pour ne pas abîmer le dessous des pédalos », explique Léo Knoll.
Alors que le lac affichait son niveau maximal le 8 juillet, près de deux mètres d’eau ont disparu depuis. Un niveau habituellement observé à la fin du mois d’août, soit avec environ un mois d’avance. Conséquence directe, Léo Knoll a déjà dû fermer une de ses bases nautiques située sur l’autre rive : « C’est une source de stress, certains clients refusent de louer parce qu’ils ne veulent pas se mouiller les pieds. Il y a toujours un risque de perte de chiffre d’affaires. »
Source : France Télévisions


