James Webb identifie une molécule inédite sur WASP-39b : pourquoi cette eau

Découverte d’une molécule inédite sur WASP-39b : une forme d’eau alourdie

L’atmosphère de l’exoplanète WASP-39b a révélé la présence d’une molécule inédite : une forme d’eau alourdie, jamais observée en dehors du Système solaire. Située à 700 années-lumière de la Terre, cette découverte pourrait avoir des implications profondes pour l’astronomie et la compréhension des atmosphères planétaires.

L’atmosphère de cette exoplanète abrite une eau plus lourde que la nôtre

Une étude publiée sur la plateforme arXiv le 21 juillet 2026 par des astronomes de l’université Ludwig-Maximilian de Munich a détecté de l’eau semi-lourde, connue sous le nom de HDO, autour de WASP-39b. Cette planète géante gazeuse orbite une étoile similaire au Soleil. Les chercheurs ont mesuré un rapport d’environ quatre atomes de deutérium pour mille atomes d’hydrogène, un niveau largement supérieur à celui observé dans les géantes gazeuses du Système solaire.

Pour cette étude, l’équipe a utilisé les données du télescope spatial James Webb, qui a permis d’analyser la lumière de l’étoile traversant l’atmosphère de la planète. Chaque molécule absorbe des longueurs d’onde spécifiques, rendant WASP-39b l’une des cibles les mieux documentées. Cependant, ces résultats doivent encore être validés par des pairs.

Deux scénarios expliqueraient cette eau enrichie en deutérium

Deux hypothèses sont avancées pour expliquer la présence de cette eau alourdie. La première suggère que WASP-39b se serait formée loin de son étoile, au-delà de la ligne des glaces, où l’eau gèle et se charge naturellement en deutérium avant de migrer vers l’intérieur du système. La seconde hypothèse évoque la fuite des gaz vers l’espace, où l’eau ordinaire, plus légère, s’échapperait plus facilement d’une planète peu massive, laissant une proportion croissante d’eau alourdie.

Les chasseurs de mondes habitables tiennent un nouvel indice

Bien qu’aucune forme de vie ne soit attendue sur WASP-39b, où les températures atteignent près de 1 000 degrés Celsius, la détection de HDO ouvre de nouvelles perspectives. Sa signature lumineuse distincte pourrait faciliter son identification dans l’atmosphère d’exoplanètes rocheuses et tempérées à l’avenir. Le rapport entre les deux formes d’eau pourrait fournir des informations sur l’histoire des océans de ces mondes et indiquer si elles ont conservé leur eau.

Découverte en 2011, WASP-39b orbite vingt fois plus près de son étoile que la Terre par rapport au Soleil, tout en contenant trois fois plus d’eau que Saturne. Les prochaines observations viseront des cibles plus froides et plus petites, dans la quête d’une planète habitable.

Source : Science et Vie

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