Les enfants ne peuvent pas jouer dehors : le moustique-tigre, un fléau pour les citadins
Depuis quelques années, le moustique-tigre est de plus en plus présent, notamment dans les communes situées en périphérie des grandes villes, où il prolifère rapidement. À Saint-Benoit, près de Poitiers, Hugo Peltier, un habitant et père de deux jeunes enfants, se dit accablé par la présence de ces insectes. Malgré ses efforts pour se protéger, il ne parvient pas à échapper à leurs piqûres.
Depuis la canicule de juin, Hugo Peltier évite de sortir de chez lui. Chaque fois qu’il et sa famille tentent de profiter de leur jardin, ils sont attaqués par les moustiques-tigres. « Le pire, c’est le matin et le soir », souligne-t-il. Après avoir contacté la mairie, il a reçu un simple prospectus sur la protection contre ces insectes. Connaissant les gestes préventifs, il a investi dans des moustiquaires pour sa terrasse et ses fenêtres.
« Les enfants ne peuvent pas jouer dehors et moi Pour se protéger, il utilise des répulsifs. « Si on ne met pas de produit, on ne sort pas, tout simplement. » Habitant la commune depuis avril, il ne s’attendait pas à vivre une telle expérience en ville. « J’ai toujours vécu à la campagne et je n’étais pas embêté », raconte-t-il, ajoutant que ses enfants ont même été piqués sur les lobes d’oreille.
Pour lutter contre les moustiques, Hugo a dépensé plus de 100 euros. Il note que le moustique-tigre se déplace généralement dans un rayon de 100 à 150 mètres de son lieu de naissance. Il s’interroge sur la source de cette prolifération, n’ayant pas d’eau stagnante dans son jardin, mais suspecte qu’une voisine qui donne à boire à des oiseaux pourrait en être responsable.
Hugo espère que la mairie pourra agir pour atténuer ce fléau. « Peut-être accentuer la prévention, venir voir les habitants et leur expliquer », suggère-t-il. Bien qu’il soit conscient des effets des insecticides sur d’autres insectes, il plaide pour des mes préventives. Des pièges à moustiques existent, mais il les trouve trop coûteux.
La mairie de Saint-Benoit a déjà pris des mes, formant deux conseillers municipaux, dont Geneviève Branger, référente sur la question des moustiques-tigres. Malheureusement, aucun agent municipal ne s’est encore porté volontaire pour se rendre chez les habitants afin d’évaluer la situation dans leurs jardins. Geneviève Branger souligne l’importance de la sensibilisation : « Il faut que tout le monde puisse agir. »
La mairie a également pris des dispositions pour éviter l’eau stagnante dans des lieux publics comme le cimetière. En 2023, le moustique-tigre a colonisé certains secteurs, et une pétition a été lancée par des habitants demandant une campagne de démoustication. Cependant, l’Agence régionale de Santé (ARS) ne peut intervenir qu’en cas de détection de maladies tropicales, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Les pharmaciens constatent également une augmentation des demandes liées aux piqûres de moustiques. « On se rend compte que c’est vraiment par secteur », note Annie Grenon, pharmacienne. Les conseils restent les mêmes : éviter l’eau stagnante, installer des moustiquaires et agir rapidement en cas de piqûre.
L’ARS prévoit un pic de présence de moustiques-tigres en septembre, avec une baisse attendue en novembre, avant leur retour au printemps prochain.
Source : France 3 Régions


