Incendies. Au Porge, le dur retour des sinistrés : « Il va falloir faire le deuil d’une partie de sa vie »

Au Porge, le dur retour des sinistrés : « Il va falloir faire le deuil d’une partie de sa vie »

Les habitants du Porge et du Lège-Cap-Ferret (Gironde) ont retrouvé lundi leurs maisons, souvent entièrement calcinées, après les récents incendies dévastateurs. Jérôme Moreau, vice-président et porte-parole de la Fédération France Victimes, souligne l’importance de la prise en charge et de l’accompagnement psychologique des sinistrés dans cette période difficile.

Lorsqu’ils retournent chez eux, les victimes font face à un processus émotionnel complexe. « Chaque réaction est personnelle et individuelle. Mais c’est une forme de deuil, il va falloir faire le deuil d’une partie de sa vie », explique Moreau. Les sinistrés doivent non seulement faire face à la destruction matérielle de leurs biens, mais aussi à la perte de souvenirs et d’identité. Les troubles psychologiques tels que le stress post-traumatique, la colère et la dépression sont fréquents et peuvent se manifester par des insomnies ou des cauchemars.

L’ampleur des destructions dans le Porge intensifie les émotions et le choc. « Le phénomène de groupe démultiplie les émotions. Être entouré est crucial pour la résilience », ajoute-t-il. Les proches jouent un rôle fondamental dans l’accompagnement des victimes, mais la gestion du stress post-traumatique devient plus complexe lorsque de nombreuses personnes dans une même zone sont touchées.

La prise en charge psychologique est essentielle. « Aucune victime ne doit rester seule. Face à un traumatisme de cette nature, il est important que les personnes se fassent accompagner », insiste Moreau. Les associations Vict’aid et Le Prado, mobilisées par le procureur, sont prêtes à intervenir. Un numéro national, le 116 006, est également disponible pour répondre aux besoins des sinistrés.

Les enfants, souvent particulièrement affectés, nécessitent un accompagnement adapté. « Il faut s’adapter à leur langage et à leurs émotions. Certains ont tout perdu, ce qui peut être déstabilisant », précise-t-il. La vigilance est de mise, car des troubles peuvent survenir plusieurs mois après l’événement.

Les élus, en première ligne depuis le début de la crise, ressentent également le poids de cette tragédie. « Ils peuvent éprouver le besoin d’un soutien psychologique, surtout s’ils ont subi des pertes personnelles », conclut Moreau.

Source : Propos recueillis par Alice Boivineau, Le Dauphiné Libéré.

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