Ce n'est pas une planète morte : la sonde MESSENGER révèle que la croûte de Mercure se plisse encore après 4 milliards d'années

Mercure : une planète en mouvement après 4 milliards d’années

Mercure, la plus petite planète du Système solaire, continue de montrer des signes d’activité géologique, contrairement à l’idée d’une planète morte. Une étude menée par Paul Byrne et son équipe de l’Institut Carnegie de Washington révèle que la croûte de Mercure se plisse encore, avec une contraction estimée entre 5 et 7 kilomètres depuis sa solidification il y a environ 4 milliards d’années. Ces résultats, publiés dans la revue Nature Geoscience, soulignent que la planète ne se limite pas à un simple caillou minéral figé.

Entre 2011 et 2015, la mission MESSENGER a permis de confirmer que Mercure rétrécit à me que son noyau refroidit, un phénomène comparable à une pomme laissée au soleil. La contraction thermique de la planète a entraîné la formation de près de 6 000 failles géantes, mesurant entre 9 et 900 kilomètres de long, qui sillonnent sa surface.

Les premières observations de ce rétrécissement datent de la mission Mariner 10 en 1974, mais ce n’est qu’avec MESSENGER que les scientifiques ont pu obtenir une vision complète du phénomène. Les escarpements, appelés « lobate scarps », sont des formations géologiques résultant de la compression des matériaux de la croûte, créant des montagnes et des falaises. Les nouvelles estimations de contraction sont significativement plus élevées que celles précédemment établies, qui variaient de 0,8 à 3 kilomètres.

En outre, des fractures récentes, appelées « grabens », ont été identifiées, suggérant que Mercure continue de se modifier aujourd’hui. Ces structures, petites à l’échelle planétaire, sont perçues comme des indicateurs d’une activité géologique récente, apparue il y a quelques centaines de millions d’années.

Cette découverte classe Mercure parmi les mondes rocheux encore actifs tectoniquement, aux côtés de la Terre, bien que son mouvement soit différent, car il ne repose pas sur des plaques tectoniques. Ces résultats sont cruciaux pour la compréhension des planètes telluriques et des exoplanètes rocheuses.

Source : Nature Geoscience

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