Les médicaments effervescents agissent-ils plus vite ?
Les médicaments effervescents, que l’on dissout dans un verre d’eau avant de les boire, sont souvent perçus comme plus rapides à faire effet que les comprimés classiques. Cette idée repose sur des mécanismes réels, mais mérite d’être nuancée.
Lorsqu’un comprimé effervescent est plongé dans l’eau, il libère du dioxyde de carbone par réaction entre un acide et un carbonate ou bicarbonate. Cette réaction provoque la dissolution rapide du comprimé et met immédiatement le principe actif en solution. Contrairement à un comprimé solide, qui doit d’abord se désagréger puis se dissoudre dans l’estomac, le médicament effervescent se trouve donc déjà sous forme dissoute au moment de l’ingestion.
Ce point est crucial en pharmacologie. La vitesse d’absorption d’un médicament dépend en grande partie de sa capacité à traverser la paroi digestive. Cette absorption est généralement plus rapide lorsque la substance est déjà dissoute. Les formes liquides ou prédissoutes contournent ainsi l’étape limitante de la dissolution, ce qui peut accélérer l’arrivée du principe actif dans la circulation sanguine.
Des études sur le paracétamol montrent ainsi que les formes effervescentes ou solubles peuvent atteindre plus rapidement des concentrations mesurables dans le sang que les comprimés classiques. Toutefois, la différence porte surtout sur le début d’action, pouvant aller de quelques minutes à parfois une vingtaine de minutes, plutôt que sur l’efficacité globale du médicament.
Cependant, la rapidité d’action dépend aussi d’autres facteurs, comme la nature chimique du principe actif, sa capacité à traverser les membranes biologiques, la présence de nourriture dans l’estomac ou encore la formulation exacte du médicament. Dans certains cas, notamment pour des molécules déjà très solubles, l’avantage de la forme effervescente peut être limité.
Par ailleurs, l’effervescence elle-même n’accélère pas directement l’absorption dans le sang. Son rôle est surtout technologique puisqu’elle permet une dissolution rapide et homogène du médicament. Le gaz libéré peut légèrement accélérer la vidange gastrique, mais cet effet reste secondaire et variable selon les individus.
Source : La Dépêche


