Amazon et la bibliodiversité : un enjeu délicat pour le secteur du livre
Le prix unique du livre, en vigueur depuis 1981, impose à tous les détaillants, y compris Amazon, de vendre chaque ouvrage au prix fixé par l’éditeur. Cette réglementation vise à protéger les petits libraires contre des concurrents plus puissants, tout en favorisant la diversité des éditeurs et des auteurs, un concept souvent désigné sous le terme de « bibliodiversité ».
Contexte factuel
Les éditions La Lenteur, par exemple, se consacrent à des publications de niche, avec une moyenne de trois parutions par an. Leur objectif n’est pas de maximiser les profits, mais de contribuer au débat intellectuel et politique. Matthieu Amiech, cofondateur de La Lenteur, souligne que la diffusion de leurs ouvrages dans des librairies indépendantes est rendue possible grâce au prix unique. Cela leur permet de ne jamais éditer à perte, garantissant ainsi des revenus pour l’ensemble de la chaîne, y compris les libraires et les éditeurs.
Cependant, la bibliodiversité se trouve menacée par des décisions de distributeurs comme MDS, qui a récemment annoncé qu’il ne fournirait plus les librairies commandant moins de deux unités. Cette politique complique la tâche des petits libraires, qui n’ont souvent pas les moyens de stocker des ouvrages en quantités suffisantes.
Données ou statistiques
Actuellement, Amazon est le premier vendeur de livres en ligne en France, représentant environ 10 % du marché total. En revanche, la Fnac, qui était autrefois le leader, est désormais dépassée par Amazon dans le secteur de la vente à distance. Pour contrer cette domination, l’État a adopté une proposition de loi pour établir un montant minimum pour les frais d’envoi, ce qui pourrait obliger Amazon à augmenter ses prix.
Conséquence directe
La position dominante d’Amazon dans le secteur de la vente en ligne a des répercussions significatives sur la visibilité des petits éditeurs et des librairies indépendantes. Si la tendance actuelle se poursuit, la diversité des librairies et, par extension, la bibliodiversité pourraient être gravement compromises.
Source : L’âge de faire

