Trottinettes électriques : des médecins alertent sur l’explosion des traumatismes crâniens chez les jeunes
Les accidents de trottinette électrique chez les enfants et les adolescents connaissent une forte hausse, avec des traumatismes crâniens parfois aussi graves que ceux observés à moto. Une étude menée à Lyon souligne les conséquences neurologiques durables de ces accidents et appelle à renforcer la prévention et la sécurité.
Dans une étude publiée le 2 juillet dans la revue Neurosurgery, une équipe des Hospices civils de Lyon met en lumière une « explosion du nombre de cas liés aux accidents de trottinette électrique ». Selon un communiqué du CHU de Lyon, « les motifs de consultation sont variés : traumatismes crâniens ou abdominaux avec des lésions touchant souvent le foie ou la rate, fractures des membres ». Le Pr. Etienne Jahouvay, chef du service d’urgences et de réanimation pédiatriques, indique que depuis avril 2026, son service enregistre environ vingt passages par mois pour des accidents de ce type, dont un quart nécessite une admission en réanimation pédiatrique.
Les chercheurs ont analysé les dossiers cliniques des patients admis au service de neurochirurgie pédiatrique de l’hôpital Femme Mère Enfant (HFME) entre 2021 et 2025. Le nombre de traumatismes crâniens liés aux trottinettes électriques est passé de 1 en 2021 à 25 en 2025, tandis que les cas liés aux trajets non motorisés et aux motos sont restés stables. Près de la moitié des utilisateurs accidentés n’avaient pas l’âge légal requis, et le port du casque était rare. Les traumatismes crâniens liés aux trottinettes électriques se sont révélés plus graves que ceux des accidents de vélo ou de trottinette classique, comparables à ceux des accidents de moto.
L’étude révèle également que 68,2 % des accidents se sont produits sans qu’un véhicule soit impliqué, suggérant des pertes de contrôle fréquentes. L’hématome sous-dural, accumulation de sang entre le crâne et la membrane entourant le cerveau, était la lésion la plus courante, pouvant entraîner coma ou décès. Les conséquences sont particulièrement préoccupantes chez les enfants, car un traumatisme peut interrompre un développement crucial. Environ un tiers des patients suivent avec un handicap modéré à sévère.
Les médecins soulignent que la plupart des lésions crâniennes sont évitables par le port du casque. Cependant, une étude observationnelle montre qu’environ deux tiers des enfants ne modifient pas leur comportement concernant le port du casque même après un traumatisme. Les professionnels de santé attendent des mes de prévention renforcées de la part des pouvoirs publics.
Source : CHU de Lyon, étude publiée dans la revue Neurosurgery


