Vague migratoire à Ceuta : du carburant électoral pour le Rassemblement national
Alors que la quasi-totalité des migrants entrés dans l’enclave espagnole de Ceuta ont déjà rebroussé chemin, les images de cette traversée ont été rapidement récupérées par l’extrême droite française.
Selon le gouvernement espagnol, le 3 août, la quasi-totalité des 60 000 migrants qui ont traversé la frontière entre le Maroc et l’Espagne dans la nuit du 30 au 31 juillet ont déjà fait demi-tour. Cet épisode a suscité une réaction immédiate de la droite, notamment de l’extrême droite française, en plein cœur de l’été.
Marine Le Pen et Jordan Bardella ont commenté les premières images en provenance de Ceuta, dénonçant ce qu’ils qualifient de « folie » et d' »invasion migratoire coordonnée du territoire européen ». Bardella a multiplié les posts sur les réseaux sociaux, demandant une réunion d’urgence du Parlement européen et appelant à renforcer les contrôles aux frontières françaises. Le gouvernement français a rapidement réagi en annonçant des mes de renforcement.
La candidate du Rassemblement national a également proposé de réserver, à partir de 2027, la libre circulation dans l’espace Schengen aux seuls citoyens européens. Ce discours s’inscrit dans le cadre de sa campagne électorale, bien que ses opposants lui rappellent que les règles de l’espace Schengen ne s’appliquent pas à Ceuta, enclave espagnole située sur le territoire marocain. Un migrant entrant à Ceuta ne peut pas circuler librement dans le reste de l’Espagne ni passer les frontières de l’Union européenne.
Jordan Bardella a également évoqué la situation des mineurs isolés, soulignant que la loi espagnole oblige les autorités à s’en occuper. Toutefois, ces mineurs, comme les autres migrants, retournent souvent rapidement dans leur pays d’origine, selon les autorités espagnoles.
Cet épisode a également été marqué par la tragédie, avec au moins 72 migrants ayant perdu la vie lors de cette traversée. À un an de la présidentielle en France, les images de migrants arrivant à Ceuta constituent un véritable carburant électoral pour le Rassemblement national, renforçant la notion de « submersion migratoire » souvent évoquée par ses dirigeants. Selon une enquête de la fondation Jean Jaurès, publiée en mai 2026, l’immigration demeure une préoccupation majeure pour les électeurs du RN.
Source : Franceinfo


