Les chemins de Saint-Jacques en famille : « On cherchait quelque chose à vivre ensemble, de l’ordre de l’aventure »
Le Puy-en-Velay (Haute-Loire), juillet 2018. Anne-Marie Lemaire se remémore son premier matin sur les chemins de Saint-Jacques. Avec ses petits-enfants, Jean (6 ans), Madeleine (8 ans) et Augustin (11 ans), elle fait face à une pluie torrentielle. À peine sortis de la ville, le sentier s’élève. Après 500 mètres, Jean se retourne et demande : « On est bientôt arrivés, Grand-Mère ? » Cette septuagénaire, qui accompagne ses petits-enfants sur ces chemins depuis sept ans, se souvient avec amusement de leurs interrogations. « Plus ils ont grandi, moins ils se plaignaient. Mais au début, leur question principale était : “Quand est-ce qu’on arrive ?” »
Le soir même, trempés, la famille trouve refuge dans un petit hôtel où une cheminée bienveillante les attend. Les enfants, réchauffés par un chocolat chaud, retrouvent le sourire. Leurs aventures ne font que commencer.
Ce phénomène n’est pas isolé. Depuis deux décennies, le renouveau des chemins de Compostelle a modifié le profil des pèlerins. Éric Laliberté, pérégrinologue à l’université Laval au Canada, souligne qu’au début des années 2000, les pèlerins étaient souvent seuls. Aujourd’hui, la tendance s’oriente vers des groupes familiaux. Samuel Cailleau, directeur de l’agence La Pèlerine à Saugues, confirme cette évolution : « C’est devenu un phénomène. Il y en a de plus en plus depuis sept ou huit ans. Certaines familles poursuivent le chemin sur plusieurs années, avançant de Le Puy à Saint-Jean-Pied-de-Port. »
Pour les familles souhaitant initier de jeunes enfants, François Lepère recommande la voie Paris-Tours, le long de la Loire, qui offre un cadre plus accessible.
Source principale : Article original sur les chemins de Saint-Jacques.


