Terre des hommes alerte sur les coupes dans l'aide au développement

Coupe de l’aide au développement : Terre des hommes alerte sur les conséquences

La directrice de Terre des hommes, Barbara Hintermann, a exprimé sa préoccupation concernant la décision du Conseil fédéral suisse de réduire l’aide au développement pour financer l’aide humanitaire. Lors de son intervention sur La Matinale de la RTS, elle a qualifié cette approche de « sparadrap », soulignant que l’aide au développement est essentielle pour améliorer durablement les conditions de vie dans les pays du Sud.

Le Conseil fédéral a annoncé un transfert de 300 millions de francs, initialement destinés à l’aide au développement, vers l’aide humanitaire. Cette décision implique également un désengagement total de la Suisse de la coopération au développement en Amérique latine.

Hintermann a reconnu l’importance de l’aide humanitaire, qui permet de sauver des vies, mais a insisté sur le fait qu’elle ne doit pas remplacer les efforts à long terme nécessaires pour lutter contre la pauvreté. Elle a rappelé que la pauvreté extrême a diminué de 39 % au cours des 30 dernières années, soulignant la nécessité d’investir sur le long terme pour prévenir les conflits et les flux migratoires.

Concernant la Genève internationale, Hintermann a appelé à un soutien accru, notant que la Suisse devrait également investir dans son rayonnement diplomatique. Elle a souligné que des coupes budgétaires précédentes, notamment celles initiées sous la présidence de Donald Trump, ont gravement affecté le système d’aide international.

Hintermann a averti que le désengagement des États-Unis pourrait entraîner des pertes humaines significatives, citant une étude récente qui estime que 700 000 décès pourraient résulter des coupes américaines. Si cette tendance se poursuit, le nombre de victimes pourrait atteindre plusieurs millions.

Malgré ces défis, elle a noté une certaine dépendance à l’aide des États-Unis et a reconnu que la philanthropie pourrait jouer un rôle, bien qu’elle ne puisse pas entièrement compenser le manque de financement. Elle a également mentionné des signes encourageants, tels que l’engagement récent des États-Unis à investir 600 millions dans GAVI, l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation.

Source : Propos recueillis par Adrien Krause

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