L’étonnante histoire du barrage d’Éguzon
Le barrage d’Éguzon, achevé en 1926, a transformé la vallée de la Creuse, provoquant une controverse qui a marqué l’histoire de la préservation des paysages en France. Ce projet, considéré comme l’un des premiers conflits français pour la protection du patrimoine naturel, a été dénoncé par des artistes et des intellectuels de l’époque.
Contexte factuel
Le 13 mai 1926, le peintre Eugène Alluaud a exprimé son désespoir face à l’achèvement du barrage, qualifiant l’événement d’« assassinat de Crozant ». L’édifice, alors le plus haut d’Europe, a modifié le cours naturel de la Creuse, créant un lac de 17 kilomètres qui a submergé la vallée. Ce barrage est né d’une nécessité d’électrification de la France dans l’entre-deux-guerres, mais son impact sur le paysage a suscité une forte opposition.
Données ou statistiques
Le barrage, haut de 70 mètres et large de 200 mètres, a été conçu pour alimenter Paris à 300 kilomètres de distance. Les artistes, dont George Sand, avaient auparavant célébré cette région pour sa beauté naturelle, attirant près de 500 peintres au cours du XIXe siècle. En réponse aux préoccupations, une loi de protection des sites naturels classés a été adoptée en 1930, visant à préserver des paysages semblables à ceux qui avaient été engloutis.
Conséquence directe
Bien que les artistes n’aient pas réussi à empêcher la construction du barrage, leur mobilisation a conduit à des lois qui protègent aujourd’hui de tels sites. La vallée, bien que transformée, continue d’inspirer des artistes contemporains.
Source : Article de La Croix.


