ShieldFont : la police d'écriture pour bloquer le scraping IA

Avec ShieldFon, lancé fin juillet 2026, un texte reste lisible à l’écran, mais devient trompeur pour les robots qui l’aspirent. Une nouvelle arme typographique contre l’entraînement des IA sur le web.

ShieldFont est une police d’écriture gratuite et open source, développée pour protéger les contenus en ligne contre le scraping par les entreprises d’intelligence artificielle. Présentée à la fin juillet 2026, son fonctionnement repose sur un principe simple : le texte demeure lisible pour les humains, mais sa version récupérée par des robots peut être modifiée de manière à ne pas être immédiatement identifiable.

Ce projet est le fruit d’une initiative du studio brésilien Seneda & Abrucio et de la fonderie danoise Playtype, qui estiment que publier un texte en ligne ne devrait pas équivaloir à une autorisation de l’utiliser pour l’entraînement des IA.

Comment fonctionne ShieldFont ?

Contrairement à d’autres polices anti-IA, ShieldFont ne s’appuie pas sur des illusions visuelles. Elle utilise les fonctions de substitution des polices OpenType pour encoder le texte. Lors de la publication, certains mots sont remplacés par d’autres de nature grammaticale similaire, ce qui permet de conserver la cohérence du texte tout en modifiant son sens.

Lors de l’affichage dans le navigateur, les mots sont présentés sous leur forme originale, permettant ainsi à l’utilisateur de lire le texte prévu par l’auteur, tandis qu’un scraper récupérant le code HTML obtient une version différente. Selon des tests réalisés, le remplacement d’environ 25 % des mots suffit à altérer significativement le texte pour 55,8 % des articles de presse, 51,9 % des contenus du web général, 34,5 % des œuvres de fiction et 31,1 % des œuvres de fiction anciennes.

Pour l’instant, ShieldFont ne prend en charge que l’anglais, mais des plans existent pour étendre ses fonctionnalités à d’autres langues, y compris le français.

Une protection qui a ses limites

Malgré ses atouts, ShieldFont ne garantit pas une protection totale contre le scraping. Les robots capables d’analyser le rendu visuel d’une page, par exemple via des captures d’écran et de l’OCR, peuvent retrouver le texte affiché. De plus, les moteurs de recherche et autres outils qui se basent sur le contenu brut de la page peuvent également être affectés. ShieldFont déconseille donc son utilisation sur des pages destinées à être indexées par Google.

En somme, ShieldFont apparaît comme une solution face aux limitations des outils existants, tels que les directives « robots.txt » qui sont souvent ignorées. Cette police vise à rendre les contenus moins exploitables par les robots, tout en préservant leur accessibilité pour les utilisateurs humains.

Source : Numerama

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