Villeneuve-Loubet : les restaurateurs contraints de démonter leurs établissements en bord de mer
Ces restaurateurs situés sur la plage de Villeneuve-Loubet vont devoir démonter leurs établissements en raison du nouveau tracé du littoral, qui recule le trait de côte. L’État leur laisse quatre mois pour arrêter toute activité commerciale, enlever les installations et libérer les lieux.
Colère et incompréhension pour plusieurs restaurateurs de Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes : ils sont dans l’obligation de démonter leurs installations, situées en bord de mer, condamnées par le nouveau tracé du littoral. Dans une lettre adressée en juin dernier aux restaurateurs concernés, le préfet des Alpes-Maritimes précise que « l’occupation (du domaine public maritime) est constitutive d’une infraction [.] et ne peut donner lieu à la constitution ou au maintien d’un fonds de commerce. »
L’État accorde trois mois aux exploitants pour cesser toute activité commerciale et un mois supplémentaire pour démonter leurs installations. Morad Bouzaiane, gérant du 716 Beach et du Raani, s’insurge : « Vous imaginez l’investissement que j’ai mis là-dedans ? Ils me disent de quitter l’établissement, de rendre les clés, et avec mes propres moyens, je dois vider tout ce que j’ai mis à l’intérieur. » Il ajoute, « Je vais être cru et peut-être dur, mais je considère ça comme un racket. »
Jacques Teboul, propriétaire du terrain, dénonce également une expropriation déguisée. Il affirme que l’État modifie les règles après coup, alors que les bâtiments ont été édifiés légalement sur un terrain privé. « Ça fait 70 ans que ce terrain est une propriété privée. Je le dis carrément, s’ils veulent exproprier, il n’y a pas de problème, on discute ! » souligne-t-il.
D’après la préfecture, la plage s’est déjà réduite d’une trentaine de mètres en 40 ans. L’État a donc décidé de redéfinir le domaine public maritime en fonction de la zone d’influence de la mer.
Lionnel Luca, le maire (LR) de Villeneuve-Loubet, qualifie cette décision d’absurde et appelle à des délais raisonnables pour prendre des dispositions. Les propriétaires, restaurateurs et la mairie annoncent déjà des recours devant la justice administrative.
Source : France 3 Côte d’Azur

