Vivre à l’étranger : peut-il peser sur le moral ?
L’expatriation, souvent perçue comme un choix associé à l’ouverture au monde et à de nouvelles opportunités professionnelles, peut également engendrer des défis psychologiques significatifs. Bien que les profils des expatriés soient variés, allant des retraités au Portugal aux nomades numériques en Asie du Sud-Est, ils sont souvent considérés comme des privilégiés. Toutefois, cette perception masque des réalités plus complexes.
Qu’est-ce que le “blues de l’expat” ?
L’éloignement familial, particulièrement durant les fêtes ou en période de maladie, ainsi que la perte d’amis, sont des aspects difficiles à vivre pour les expatriés. Ce phénomène peut engendrer une crise identitaire profonde. James Niiler, journaliste américain vivant au Danemark, décrit cette expérience comme celle de vivre dans des “univers parallèles”, où l’individu doit adopter une identité multifacette pour s’adapter.
Abisola Olawale, chercheuse nigériane, souligne que la migration va au-delà du simple déplacement : “La moitié de vous reste là d’où vous venez, et l’autre moitié s’installe dans le pays d’accueil.”
Est-ce une question d’âge ?
Le déchirement identitaire est particulièrement marqué chez les “enfants de la troisième culture”, qui naviguent entre différents milieux culturels. Ces individus peuvent éprouver des difficultés à définir leur origine, oscillant entre le pays de leur passeport et les lieux de leur enfance. Les expatriés plus âgés ne sont pas exemptés de ce malaise, comme l’indiquent des témoignages de retraités ayant souffert du mal du pays en raison de leur expatriation.
Le retour peut-il poser problème ?
Le retour dans son pays d’origine est souvent sous-estimé. Alors que le départ est généralement préparé, le retour peut s’avérer complexe et générer des remises en question. Hannah Ho, de retour au Royaume-Uni après sept ans à Hong Kong, constate que tout a changé, y compris ses relations sociales et professionnelles. Ce type de retour implique des ajustements sociaux et émotionnels importants.
Où trouver de l’aide ?
L’expatriation nécessite une énergie considérable et peut masquer des symptômes de dépression ou d’anxiété. Bien que le terme “blues” soit souvent utilisé, il peut parfois dissimuler des problèmes de santé mentale plus graves. Les ambassades disposent généralement de listes de professionnels de la santé mentale, et de plus en plus d’entreprises prennent en compte la santé psychologique de leurs employés expatriés. Des groupes d’expatriés offrent également un soutien pour lutter contre l’isolement.
Une seule règle prévaut : ne pas ignorer ses problèmes de santé mentale.
Source : Courrier International


