Projet de gazoduc Nigeria-Maroc : l’Afrique a-t-elle vraiment besoin de gaz ?
L’Afrique de l’Ouest s’apprête à investir 23 milliards d’euros pour construire un gazoduc de 7 000 kilomètres reliant le Nigéria au Maroc, traversant 13 pays. Ce projet a récemment reçu le soutien des pays de la Communauté économique d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui le justifient par la nécessité de développement économique.
Un moteur de croissance
Les promoteurs du gazoduc affirment qu’il sera un vecteur de croissance et d’emplois. Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc, a souligné la nécessité d’une énergie stable pour les industries énergivores, notamment dans le secteur minier.
Cependant, dans un contexte de crise climatique croissante, la question se pose : est-il judicieux d’investir dans les énergies fossiles ? Bien que le gaz émette moins de CO2 que le charbon et le pétrole, son utilisation soulève des interrogations.
600 millions d’Africains sans électricité
Actuellement, 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité, un besoin fondamental pour le développement. L’Afrique représente seulement 4 % des émissions mondiales de CO2, mais les enjeux énergétiques restent cruciaux. La question se pose de savoir si ce gazoduc servira d’abord à l’exportation vers l’Europe ou à l’approvisionnement local.
Transition énergétique retardée
Des experts et des ONG mettent en garde contre une dépendance accrue au gaz, pouvant freiner le développement des énergies renouvelables. Justine Duclos-Gonda de l’ONG Reclaim Finance souligne que les investissements dans les infrastructures gazières nécessitent des décennies pour être rentabilisés, ce qui pourrait bloquer la transition énergétique.
Le solaire, une alternative prometteuse
L’Afrique bénéficie d’un fort ensoleillement, avec sept des dix pays les plus ensoleillés au monde. Les énergies renouvelables, notamment le solaire, offrent des solutions décentralisées, permettant une électrification rapide sans nécessiter de grandes infrastructures.
En conclusion, la construction de ce gazoduc soulève des questions sur l’avenir énergétique de l’Afrique. Alors que le continent cherche à se développer, il doit également envisager des solutions durables et renouvelables pour répondre à ses besoins énergétiques.
Source : RFI


