Feu de forêt ou de végétation : quels bons réflexes adopter ?
Saviez-vous que 9 feux de forêt sur 10 sont d’origine humaine en France ? Afin de prévenir les incendies, Thomas Bounissou, conseiller technique adjoint pour les feux d’espaces naturels dans la Manche, rappelle les gestes à adopter dans notre jardin, dans un champ ou en forêt.
Un bon réflexe peut sauver une situation dangereuse. En intervention, le commandant Thomas Bounissou a observé que de nombreux incendies auraient pu être évités si les conseils de sécurité avaient été mieux connus et appliqués. Il partage une anecdote : « Sur un feu de véhicule en lisière de forêt, le conducteur n’avait pas eu la présence d’esprit de déplacer son véhicule dans un espace qui n’était pas boisé et qui se situait à 50 mètres de là. Dans la panique, il s’est garé où les arbres étaient les plus denses et l’incendie s’est rapidement propagé à cette forêt-là. »
Pour éviter ces écueils, alors que les mégafeux en Gironde ont dévasté 42 000 hectares et contraint 220 000 personnes à évacuer, plusieurs questions ont été posées pour réviser nos fondamentaux en matière de sécurité.
Comment signaler un incendie ?
Dès qu’il y a un feu de végétation, la course contre le temps débute. Au plus tôt on signale un départ de feu, au plus tôt il sera plus simple à traiter pour les sapeurs-pompiers. Pour alerter, il existe un numéro unique : le 18, ou à défaut le 112, qui est un numéro d’appel européen. Le 114 est réservé aux personnes malentendantes.
Il est crucial d’être précis sur la nature du sinistre et son emplacement, car cela conditionne les moyens alloués à l’intervention. Dans le cas d’un départ de feu mineur, comme des feux de broussaille de petite envergure, il est possible de rester en surveillance, retirer les mobiliers à proximité de la maison, fermer les volets et commencer à éteindre les flammes si l’on dispose d’un jet d’eau ou d’un extincteur, sans se mettre en danger.
Quelles sont les précautions à adopter ?
Bien que la Manche et la Normandie ne possèdent pas de grands espaces boisés comme en Gironde ou dans les Landes, des feux d’espaces cultivés ou naturels peuvent encore survenir à proximité d’habitations. Si un départ de feu est observé, la première consigne est d’alerter les pompiers dans les plus brefs délais. Dès que le feu s’approche, il est impératif de fuir.
Pour éviter les sinistres, il est conseillé de ne pas jeter de mégots par la fenêtre, d’éviter de bricoler près de végétaux secs, et de ne pas utiliser de barbecues lorsque des cendres peuvent se propager. Le désherbage thermique est fortement déconseillé lorsqu’il fait 40 °C.
Chez soi, il est essentiel d’entretenir son terrain en débroussaillant au maximum autour de sa propriété, avec au moins 50 mètres de parcelles dégagées. De plus, les stocks de bois pour l’hiver doivent être placés loin de la maison.
Comment se protéger des fumées d’incendie ?
Il est crucial d’éviter de respirer les fumées. En cas d’incendie important, il est recommandé de ne pas se mettre dans le sens du vent et de s’éloigner le plus possible. Si une opération de secours a lieu, il est conseillé de porter un masque FFP2 ou de se couvrir le visage avec un linge humide pour réduire l’exposition aux particules contenues dans les fumées.
Si possible, il vaut mieux prendre la voiture pour s’éloigner. En cas de déplacement à pied, il est préférable de se confiner à l’intérieur d’un bâtiment et de se manifester dès l’arrivée des pompiers.
Comment évaluer la dangerosité d’un feu ?
Les sapeurs-pompiers se basent sur trois indicateurs pour estimer l’indice de sécheresse : si la température de l’air dépasse 30 °C, si l’hydrométrie est supérieure à 30 %, et si le vent atteint 30 km/h, cela signifie que le sinistre risque de se propager rapidement. La combinaison de ces trois critères rend la gestion de l’incendie particulièrement complexe.
Il est essentiel de prévenir les départs de feu pour asr une intervention rapide et efficace.
Source : France 3 Régions


