Elles ont l’impression de crier dans le vide.
À Castelfranc, dans le Lot, Alexandra Castellon, première adjointe à la mairie, s’engage contre les violences intrafamiliales. En collaboration avec la gendarmerie de Puy-l’Évêque, elle facilite le dépôt de plaintes à la mairie pour soutenir les victimes. Elle prévoit également de former les élus et de chercher des subventions pour les associations locales.
« Quand une personne est victime, pour elle, aller déposer plainte à la gendarmerie, c’est souvent une montagne. » Ce constat, Alexandra Castellon l’a dressé à plusieurs reprises, tant en tant que victime qu’en observatrice de la situation des femmes dans ce département rural. « On a moins d’associations. Il y a l’éloignement et parfois une seule voiture dans le couple. Qui s’en sert ? C’est compliqué », explique-t-elle. Elle souligne également que « les femmes ont l’impression de crier dans le vide. Cela touche tous les milieux, toutes les classes sociales. »
De retour dans sa commune d’enfance, Alexandra Castellon a décidé de s’engager dans la lutte contre les violences intrafamiliales, une priorité de son mandat. « Avec Franck Provence, le maire, nous voulons que la mairie soit un lieu d’écoute, un premier relais pour orienter les victimes et les aider à se protéger. »
À peine quelques semaines après son élection, elle a proposé un rapprochement avec la gendarmerie de Puy-l’Évêque pour permettre aux victimes de déposer plainte directement à la mairie. « Ils nous ont dit oui directement », se réjouit-elle. Elle sera ainsi le relais entre les victimes et les gendarmes, les attendant et les soutenant lors du dépôt de plainte.
« Nous avons une responsabilité énorme et il faut qu’on la prenne », rappelle-t-elle. Dans les zones urbaines, de nombreuses associations existent, alors qu’à Castelfranc, elles se comptent sur les doigts d’une main. « Passer la porte de la mairie est parfois plus facile. »
Ce dispositif, soutenu par l’Association des maires ruraux de France (AMRF), vise à former les élus pour lutter contre les violences intrafamiliales. « Les violences conjugales, c’est la partie émergée de l’iceberg. Dessous, il peut y avoir des violences psychologiques, souvent invisibles », précise Alexandra Castellon, qui suivra prochainement une formation pour mieux identifier ces signes.
Elle prévoit également de rencontrer les élus locaux pour obtenir plus de subventions pour les associations de soutien. « À mon arrivée à la mairie, j’ai proposé que le logement d’urgence en rénovation soit mis à disposition de l’association Solidarité Femmes 46, mais ils n’avaient pas les fonds nécessaires », indique-t-elle. Elle s’engage à rechercher les financements nécessaires pour que ce logement soit accessible.
À Castelfranc, la lutte contre les violences intrafamiliales est désormais une priorité affirmée.
Source : La Dépêche


