« C’est l’hécatombe » : comment les éleveurs d’escargots font face aux vagues de chaleur
Les éleveurs d’escargots en France subissent de plein fouet les conséquences des vagues de chaleur répétées. Frédéric Marcouyoux, éleveur en Bourgogne, évoque une situation catastrophique : « C’est un désastre. Tout le revenu est par terre », déclare-t-il en parcourant son parc de 1 300 m² à Villecomte, où il élève habituellement 200 000 escargots par an. Pour cette saison, il prévoit une production réduite à 100 000 escargots survivants, en raison des conditions climatiques extrêmes.
L’escargot, particulièrement vulnérable à la chaleur, nécessite un environnement humide pour survivre. « L’escargot est une éponge. Il lui faut de l’humidité. Dès qu’il fait chaud et sec, on a de la mortalité », explique-t-il. En soulevant les planchettes de bois servant d’abris, il constate une absence alarmante de gastéropodes : « Ça devrait être garni d’escargots. C’est l’hécatombe », déplore-t-il.
En plus de la chaleur, les prédateurs comme les oiseaux, attirés par la sécheresse, aggravent la situation. « Le sol est trop sec. Ils n’ont plus de limaces ni de vers et ils viennent ici se servir », précise Marcouyoux. Au cours des quinze dernières années, il n’y a eu que deux étés pluvieux, en 2014 et 2024, tandis que les autres années ont été marquées par des canicules répétées. Les pertes en production ont atteint 70 à 80 % en 2019 et 2020, et 50 à 60 % en 2021.
Hervé Ménelot, un autre éleveur de la Côte-d’Or, fait état d’une situation similaire. Sur son parc de 600 m², il élève 500 000 escargots, mais cette année, il prévoit des pertes de 50 à 70 % en raison de la sécheresse persistante. « Ça devient impossible. Je ne sais pas si je vais continuer », confie-t-il.
La crise actuelle soulève des inquiétudes quant à la pérennité de la filière hélicicole en France, qui compte environ 400 éleveurs. Selon Emilien Bourgeois, président de la Fédération nationale des héliciculteurs de France, « il y a de plus en plus d’exploitations menacées ». Actuellement, seuls 5 % des escargots consommés en France proviennent de l’élevage national, le reste étant majoritairement importé d’Europe de l’Est.
Cette situation met en lumière les défis croissants auxquels font face les éleveurs d’escargots, en particulier dans un contexte de changements climatiques de plus en plus marqués.
Source : Le Progrès


