Un projet un peu fou : le pari gagnant de vignerons qui cultivent la vigne à 1.200 mètres d’altitude

Les vendanges précoces, cela ne les concerne pas. Pour ne plus avoir à subir les affres du réchauffement climatique, des professionnels du monde viticole ont misé sur la montagne. Certains d’entre eux cultivent leurs parcelles à 1 200 mètres d’altitude, à Ur, en Cerdagne dans les Pyrénées-Orientales. Ils ne vendangeront qu’en octobre.

Dans la Cerdagne catalane, depuis cinq ans, des vignes prospèrent à contretemps, loin de la sécheresse des plaines et des crises agricoles. À Ur, à 1 206 mètres d’altitude, Hervé Sabardeil, œnologue et vigneron catalan, et Vincent Ginestet, professionnel de l’immobilier et du secteur agricole, ont lancé un projet ambitieux : produire des vins effervescents de haute qualité, en tirant parti de la fraîcheur et des fortes variations thermiques des montagnes pyrénéennes.

Hervé Sabardeil souligne : « Dans les Pyrénées-Orientales, le changement climatique, c’est une évidence. Il est de plus en plus difficile de cultiver de la vigne. Avec les coups de chaleur et le manque d’eau, les rendements sont de plus en plus faibles. » Cette réflexion a conduit à la création de ce domaine à Ur.

Le climat de montagne se révèle plus propice à la croissance de la vigne, avec des précipitations annuelles entre 550 et 650 millimètres, permettant ainsi à leurs trois hectares de Chardonnay et de Pinot Noir de prospérer. Toutefois, les viticulteurs doivent également faire face à des défis, notamment le gel. Pour cela, 40 kilomètres de filets anti-grêle ont été installés, un dispositif qu’il faut déployer et ranger deux fois par an.

Vincent Ginestet précise : « En montagne, on a des grosses températures et des gros orages de grêle. Et après, on a le problème du gel de printemps. Du coup, on a mis des tourniquets antigel qui aspergent toute la vigne. » Le domaine produit environ 12 000 bouteilles par an, avec un élevage de 18 mois minimum. Ces vins effervescents se vendent entre 48 et 52 euros la bouteille, et malgré ces prix élevés, ce modèle économique de niche a trouvé son public.

Hervé Sabardeil conclut : « C’est un projet un peu fou, mais on s’aperçoit qu’en travaillant de façon très précise la vigne, on arrive à obtenir des vins sur la minéralité, la fraîcheur. »

Outre le Domaine Col Rouge, d’autres initiatives similaires émergent dans la région, comme le Clos Cal Mateu, planté en 1984 à 1 300 mètres d’altitude, et le Domaine Llivins, qui commercialise du vin tranquille en Cerdagne. Ces projets témoignent d’une volonté d’adaptation face aux défis du changement climatique, positionnant la Cerdagne comme un microterroir prometteur pour les amateurs de vins de montagne.

Source : France 3 Régions

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