RDC : Félix Tshisekedi annonce un musée national et une politique de mémoire renforcée au Mémorial du Genocost
Kinshasa, 3 août 2026 – Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a annoncé la création d’un musée national du Génocost lors d’une cérémonie officielle au Mémorial du Genocost, marquant ainsi la journée de commémoration des victimes des conflits dans l’Est du pays. Cette initiative vise à préserver les archives, témoignages et preuves matérielles des violences qui ont coûté la vie à des millions de Congolais au cours des trois dernières décennies.
Au cours de son discours, Félix Tshisekedi a dénoncé l’agression du Rwanda et des groupes armés comme l’AFC/M23, réaffirmant l’engagement de l’État en faveur de la vérité, de la justice et des réparations pour les victimes. Il a déclaré : « Votre souffrance ne sera jamais reléguée à l’oubli. Votre dignité ne sera jamais négociée. Votre droit à la vérité, à la justice, à la réparation et à la sécurité sera défendu. »
Des victimes des conflits, dont des rescapés de violences sexuelles, ont exprimé leur douleur et leur désir de justice. Une femme, orpheline à cause de ces violences, a témoigné : « Le sang des innocents crie vengeance. Que les auteurs répondent de ce qui nous a été fait. »
Le gouvernement a également promis de renforcer la justice transitionnelle et de lutter contre la falsification de l’histoire. Le Parlement est appelé à adopter de nouveaux textes pour protéger le patrimoine mémoriel. Kinshasa s’engage à poursuivre ses efforts pour obtenir une reconnaissance internationale des crimes commis en RDC.
Cependant, Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, a critiqué cette démarche, accusant le régime de vouloir modifier la Constitution pour prolonger un mandat qui devrait se terminer en 2028. Il a qualifié cette initiative de « démarche dangereuse », craignant qu’elle n’entraîne une nouvelle déstabilisation interne.
Duc M’Buyi, président du comité Genocost pour le Haut-Katanga, a souligné l’importance de la mémoire collective, affirmant : « Nous commémorons nos morts parce que c’est un devoir de mémoire, parce que c’est un rempart essentiel contre l’oubli. »
Source : RFI

