Ventes de livres : les écrivains doivent-ils bénéficier de congés payés ?

Ventes de livres : les écrivains doivent-ils bénéficier de congés payés ?

Le débat autour des droits des écrivains s’intensifie, notamment depuis que Vincent Bolloré a démis Olivier Nora de ses fonctions de patron de Grasset. Plusieurs auteurs se mobilisent pour faire valoir leurs droits, comme lors des États généreux de l’édition qui se sont tenus le 13 mai dernier au Théâtre de la Concorde à Paris. Parmi les intervenants figuraient des figures telles qu’Anne Berest, Virginie Despentes, Vanessa Springora, Tania de Montaigne et Colombe Schneck.

Lors de cet événement, Julien Delmaire a plaidé pour un « statut social » pour les artistes-auteurs, soulignant l’absence de congés payés. Il a déclaré : « Nous n’avons toujours pas de congés payés en tant qu’artistes-auteurs. Nous n’avons pas de continuité de revenus, donc nous n’avons même pas la possibilité de toucher des indemnisations chômage, des indemnités en cas d’interruption de nos carrières. » Il a également évoqué les difficultés liées aux congés parentaux et à la précarité financière en cas de burn-out.

À titre d’exemple, le dernier roman de Delmaire, La Joie de l’ennemi, publié chez Grasset, s’est vendu à 200 exemplaires. Sa trilogie jeunesse, Les Aventures inter-sidérantes de l’ourson Biloute, a enregistré des ventes décevantes, avec 500 exemplaires pour le premier tome et seulement 100 pour le troisième.

La question se pose alors : pourquoi les maisons d’édition et l’État français devraient-ils soutenir financièrement des auteurs peu lus ? La culture de l’assistance semble toucher certains « artistes-auteurs », alors que l’histoire littéraire regorge de figures ayant dû se battre pour leur survie.

Le monde de l’édition est déjà soutenu par diverses aides, telles que les résidences d’écriture et les bourses. Les écrivains devraient-ils devenir des intermittents du spectacle ? Si tel était le cas, quelles prestations pourraient-ils fournir en échange d’une aide financière ?

Les préoccupations des artistes-auteurs vont au-delà du simple statut social, incluant des questions sur la répartition des bénéfices de la vente de livres, qui pourrait affecter d’autres acteurs de la chaîne du livre, comme les libraires.

L’affaire Grasset met en lumière des problèmes structurels dans le secteur, tels que la baisse du niveau de lecture, l’essor du marché de l’occasion et l’impact des intelligences artificielles sur l’écriture.

En attendant, les écrivains en difficulté espèrent trouver des solutions pour améliorer leur situation financière, alors que d’autres continuent de prospérer sur le marché.

Source : L’Express.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *