Mars aurait pu accueillir un océan il y a trois milliards d’années
Une nouvelle étude menée par Frédéric Schmidt et ses collègues du laboratoire Geops de l’université Paris-Saclay propose un modèle climatique suggérant que Mars a pu abriter un océan stable il y a environ trois milliards d’années. Cette hypothèse repose sur des indices géologiques solides, notamment les structures côtières observées par les sondes américaines Viking en 1976, qui ressemblent à des rivages dans la région de Vastitas Borealis, située 4 à 5 kilomètres sous l’altitude moyenne de la planète.
Les recherches précédentes ont déjà mis en évidence des dépôts rocheux sur ces rivages, indiquant un méga tsunami survenu il y a près de trois milliards d’années, dont l’origine a été attribuée au cratère d’impact Lomonosov, large de 120 kilomètres. Ces éléments renforcent l’idée que Mars a pu accueillir un océan dans le passé.
Cependant, les modèles climatiques antérieurs suggéraient que les conditions sur Mars étaient trop froides pour permettre la formation d’un océan stable. Les nouvelles simulations prennent en compte la dynamique océanique et atmosphérique, intégrant des éléments tels que la circulation océanique et les glaciers. Les chercheurs estiment que la pression atmosphérique était d’environ 1 bar, similaire à celle de la Terre actuelle, et que l’atmosphère martienne contenait du dihydrogène, un gaz à effet de serre, permettant ainsi de maintenir des températures favorables à la présence d’eau liquide.
Ce modèle indique que la température de surface de l’océan aurait pu atteindre environ 7 °C, évitant ainsi le gel. De plus, la majorité des précipitations se produisant sous forme de neige sur les montagnes auraient alimenté les glaciers, fournissant de l’eau à l’océan et compensant ainsi les pertes par évaporation. Ce régime hydrologique aurait ainsi permis la stabilité d’un océan durant une période prolongée.
Les résultats de cette étude sont en accord avec les données géomorphologiques observées sur Mars, notamment certaines vallées en forme de U, caractéristiques de l’érosion glaciaire. Toutefois, la question demeure : qu’est devenue l’eau martienne ? Des recherches supplémentaires, notamment celles menées par le rover chinois Zhurong, pourraient apporter des réponses sur la présence d’eau dans le passé de la Planète rouge.
Source : Pour la Science


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