L’astrophysique au service de la religion ?
Le télescope spatial James-Webb, fruit d’une collaboration entre la NASA et les agences spatiales canadienne et européenne, a été lancé par la fusée Ariane 5 le 25 décembre 2021. Ce lancement coïncide avec une date symbolique, puisque cet instrument a pour mission d’observer le début de l’univers et de rechercher des traces de vie sur d’autres planètes.
Le projet de ce télescope remonte à 1989 et représente une avancée technologique majeure qui a été marquée par de nombreux retards. Initialement prévu pour 2007, son lancement a été reporté à plusieurs reprises en raison de problèmes techniques, entraînant une explosion des coûts par rapport aux estimations initiales.
Pour obtenir le soutien du public concernant ces projets de recherche coûteux, les agences spatiales ont adapté leurs messages aux attentes de leurs auditoires. Ainsi, les discours des responsables canadiens et américains concernant le lancement de James-Webb illustrent des approches divergentes.
François-Philippe Champagne, ministre responsable de l’Agence spatiale canadienne, a exprimé sa fierté quant à l’engagement du Canada dans le domaine spatial, soulignant que ces efforts « font avancer la science au service de l’humanité ». En revanche, Bill Nelson, administrateur de la NASA, a prononcé un discours plus long et chargé de références religieuses. Il a évoqué le lancement en tant que moment significatif, notamment en raison de sa coïncidence avec Noël, citant le Psaume XIX : « Le ciel proclame la gloire de Dieu, le firmament révèle ce qu’il a fait ». Nelson a affirmé que le télescope permettrait de détecter la lumière « du tout début de la création », mettant ainsi l’accent sur une interprétation religieuse plutôt que scientifique.
Bien que les responsables de l’Agence spatiale européenne ne se soient pas exprimés dans un tel registre, le succès d’ouvrages en Europe, comme « Dieu, la science, les preuves », indique un intérêt croissant pour des rapprochements entre science et religion. L’astrophysique, en particulier, semble plus sujette à être utilisée à des fins apologétiques par rapport à d’autres disciplines scientifiques.
Source principale : Pour la Science.


