« J’envoie des messages à mon frère au front » : Yuliia Biryukova, l’Ukrainienne qui pédale pour son pays
Lors de la deuxième étape du Tour de France femmes, le dimanche 1er août 2026, l’Ukrainienne Yuliia Biryukova a ouvert la route pendant environ cinquante kilomètres aux côtés de quatre autres échappées, entre Aigle et Genève (Suisse), la « capitale de la paix ». Ce moment revêt une signification symbolique.
La coureuse de la formation basque Laboral Kutxa-Fundacion Euskadi a ainsi pu exhiber sa tunique de championne nationale, ornée du drapeau jaune et bleu de son pays, en guerre depuis février 2022. « J’adore faire une belle course et montrer ce maillot. On est sur le Tour, la plus grande course du monde. Les spectateurs pensent peut-être à l’Ukraine, ils se souviennent ainsi de la guerre dans mon pays. J’en suis heureuse », a-t-elle déclaré le matin même à l’ombre de son bus.
Un quotidien marqué par l’inquiétude
La vie de la coureuse, qui réside en Italie depuis le début du conflit, est un équilibre précaire. « C’est compliqué de courir avec tout ce qui me trotte dans la tête. Hier matin, j’ai ouvert mon téléphone et j’ai vu des informations terribles, avec des bombardements nocturnes en Ukraine. Beaucoup de gens sont morts. Se concentrer sur ma propre course est vraiment difficile », a-t-elle ajouté.
L’angoisse pour sa famille restée en Ukraine, notamment dans la région de Lviv, est constante. « Je peux les voir une à deux fois par an, surtout pour les championnats nationaux. Cette année, je n’ai pu passer que quelques heures avec ma famille, même pas une journée entière », a-t-elle expliqué.
Sa mère a quitté le pays pour vivre en Bulgarie, tandis que son frère, engagé dans l’armée, est déployé sur le front. « On échange par messages, mais il n’a pas beaucoup de temps. Il faut mettre fin à cette guerre, voir tous ces gens privés de leurs familles ou de leurs maisons me désole », a-t-elle déclaré.
Déplacements difficiles pour les athlètes ukrainiens
L’ancienne pistarde, qui a commencé la route en 2020, a également souligné les défis auxquels sont confrontés les athlètes ukrainiens. « Ils doivent faire des déplacements très longs pour participer à des compétitions. Il faut d’abord aller en Pologne en bus ou en voiture avant de pouvoir prendre un vol. C’est impossible de réaliser un bon résultat après deux jours de trajet pour ceux qui vivent en Ukraine », a-t-elle ajouté.
Biryukova a exprimé sa frustration face à la participation d’athlètes russes et biélorusses dans un contexte où les fédérations internationales commencent à lever les sanctions contre ces pays. « Pour les athlètes neutres, ceux qui ne supportent pas la guerre, je peux l’accepter, même si ce n’est pas bien non plus. Mais avec les drapeaux ou les hymnes, c’est impossible pour moi. Je ne comprends pas qu’ils puissent concourir tant que la guerre ne s’arrête pas », a-t-elle conclu.
Source : Le Progrès


