Il retranscrit les maux de la jeunesse marocaine : les soutiens de Mehdi Black Wind soulagés après sa remise en liberté

Après 18 jours de détention, le cinéaste et rappeur marocain Mehdi Black Wind a été remis en liberté provisoire le 31 juillet par la justice marocaine. Artiste engagé contre les inégalités dans son pays, son interpellation a suscité une mobilisation internationale, notamment à Marseille, où il réside depuis 2017.

Dans l’arrière-cour d’une librairie marseillaise, les amis de Mehdi Black Wind célèbrent sa libération. La veille, ils ont appris que le rappeur, de son vrai nom El Mahdi Lyoubi, avait été libéré, en attendant son procès prévu pour le 2 octobre. Il est poursuivi pour “outrage à une institution constitutionnelle”, ce qui pourrait lui valoir une peine de six mois à deux ans d’emprisonnement.

Mehdi Black Wind, qui vit à Marseille, a été empêché de quitter le Maroc le 10 juillet, avant d’être arrêté trois jours plus tard. Edith, une de ses amies, exprime ses craintes : “L’atteinte à la personne constitutionnelle, et plus spécifiquement à la personne du Roi, nous laisse imaginer qu’il est poursuivi pour des éléments présents dans ses textes, mais ce ne sont que des suppositions.”

Son arrestation a provoqué une vague de soutien à travers le monde, de Barcelone à Montréal, en passant par Amsterdam. Zineb, une autre amie, souligne l’importance de son message : “Il retranscrit les maux de la jeunesse marocaine : désillusions, colères, peur, injustices, immigration… Il rappe pour tous ces gens.”

La remise en liberté de Mehdi Black Wind intervient dans un contexte où la liberté d’expression est menacée au Maroc, exacerbant les frustrations d’une jeunesse en quête de perspectives. Sofiane, un autre soutien, déclare : “Tous ces gens emprisonnés au Maroc aiment leur pays et prennent des risques pour dénoncer ce qui ne va pas. Ils sont la plus grande preuve d’amour du Maroc.”

Pour ses amis, la lutte se poursuit jusqu’à sa libération définitive, espérant qu’il pourra bientôt retrouver son chez-soi à Marseille.

Article rédigé à partir du reportage de Virginie Danger et Michaël Flores / France 3 Provence-Alpes

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