SEEG : le gouvernement sort les comptes pour emporter la bataille de la scission | Gabonreview.com

Le gouvernement gabonais plaide pour la scission de la SEEG

À cinq mois de la mise en œuvre de la réforme, le gouvernement gabonais a présenté un argumentaire en faveur de la scission de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) lors d’un conseil d’administration extraordinaire tenu à Libreville. Cette initiative, issue du Dialogue national et soutenue par un engagement présidentiel, vise à établir deux nouveaux opérateurs publics, La Gabonaise des Eaux et d’Électricité du Gabon, à partir du 1er janvier 2027.

Les administrateurs et actionnaires ont été informés par Philippe Tonangoy, ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, entouré de plusieurs membres du gouvernement. Ils ont détaillé les fondements politiques, financiers, juridiques et sociaux de cette réforme, jugée incontournable par l’exécutif.

Le gouvernement a précisé que la séparation des activités de l’eau et de l’électricité est désormais une décision arrêtée. Cette réforme répond à une recommandation du Dialogue national et s’inscrit dans le cadre de la refonte du secteur de l’eau et de l’énergie, comme l’a souligné le ministre.

Pour soutenir sa position, l’exécutif a présenté des données financières alarmantes. Entre 2020 et 2023, le chiffre d’affaires de la SEEG est resté stable, avec une progression de moins de 2 % prévue en 2024. Les frais financiers, quant à eux, ont été multipliés par quatorze en cinq ans, suggérant un endettement croissant qui ne finance plus les investissements mais les pertes d’exploitation. La société affiche un excédent brut d’exploitation négatif de 23,8 milliards de francs CFA et une perte nette de 45,6 milliards de francs CFA. L’exécutif considère que ces indicateurs révèlent une fragilité structurelle du modèle économique de la SEEG.

Le gouvernement a également souligné la nécessité de sécuriser les risques juridiques, bancaires et patrimoniaux avant la scission. Il a proposé plusieurs résolutions pour verrouiller l’opération, incluant un audit des engagements bancaires et une expertise patrimoniale des actifs stratégiques.

Le calendrier établi prévoit que la SEEG gère les affaires courantes jusqu’au 31 décembre 2026 à 23 h 59, avec un transfert officiel aux nouvelles entités le 1er janvier 2027 à 0 heure. Toutefois, l’accord des actionnaires est essentiel pour finaliser la scission, l’État détenant actuellement 56 % du capital, mais nécessitant une majorité qualifiée de deux tiers selon le droit OHADA.

En réunissant administrateurs et investisseurs autour d’un diagnostic commun, le gouvernement vise à transformer cette décision politique en un consensus partagé.

Source : Gabonreview.com

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