“Si les CRS arrivent, on flingue” : la colère des viticulteurs des Corbières, il y a 50 ans dans “le Nouvel Obs”

Si les CRS arrivent, on flingue : la colère des viticulteurs des Corbières

Le 4 mars 1976, des viticulteurs de Montredon-des-Corbières, situé à cinq kilomètres de Narbonne, se sont opposés violemment aux forces de l’ordre lors d’une manifestation. Ce rassemblement, qui visait à exprimer leur mécontentement face à la crise viticole, a dégénéré en affrontements tragiques, entraînant la mort d’un CRS, Joël Le Goff, et d’un vigneron, Emile Pouytes.

Les viticulteurs, frustrés par la perception qu’ils ont d’un complot orchestré par des puissances d’argent et des technocrates européens, se sentent souvent incompris par le reste de la France. Ils estiment que leur colère, bien que légitime, n’est pas reconnue au-delà des frontières de leur région. André Cazes, l’un des dirigeants du Comité d’Action viticole, souligne que leur lutte est souvent minimisée par ceux qui ne sont pas directement concernés par les enjeux viticoles.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de crise dans le secteur viticole français, où les viticulteurs se battent pour leur survie économique. Les tensions entre les producteurs de vin et les autorités ont mis en lumière les défis auxquels ils sont confrontés, notamment la concurrence accrue et les réglementations jugées injustes.

Les statistiques récentes indiquent qu’environ 30% des exploitations viticoles en France sont menacées de disparition en raison de la crise économique qui touche le secteur. Cette réalité renforce le sentiment d’urgence parmi les viticulteurs, qui craignent que leur savoir-faire et leur patrimoine culturel ne soient irrémédiablement perdus.

Les événements de mars 1976 restent gravés dans les mémoires, symbolisant la lutte des viticulteurs pour la reconnaissance de leur métier et la défense de leur mode de vie. La colère des viticulteurs des Corbières, bien que spécifique à un moment et un lieu, résonne encore aujourd’hui dans le paysage viticole français.

Source : Le Nouvel Observateur, AFP.

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