RDC : Le procès de Constant Mutamba, un test pour la justice congolaise
En République démocratique du Congo, le procès de Constant Mutamba a repris ce lundi devant la Cour de cassation. L’ancien ministre de la Justice est poursuivi dans le dossier du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC, le FRIVAO, après avoir déjà été condamné dans une autre affaire liée à la construction d’une prison à Kisangani.
Cette nouvelle étape judiciaire relance le débat sur l’indépendance de la justice congolaise et sur l’avenir politique de Constant Mutamba.
La justice congolaise à l’épreuve
Dans ce nouveau dossier, le ministère public reproche à Constant Mutamba d’avoir détourné plus de 50 millions de dollars du FRIVAO sans les autorisations requises. Pour le professeur Moïse Cifende, enseignant de droit à l’Université catholique de Bukavu, l’affaire Mutamba représente un test pour la justice congolaise.
« Si les procédures sont menées dans le respect des règles de l’art, cela peut renforcer l’idée que personne n’est au-dessus de la loi. Ce procès constitue également un test de respect des droits de la défense et de la procédure. Cette affaire est un test pour la lutte contre la corruption et pour la bonne gouvernance. Si les accusations sont fondées, une réponse judiciaire impartiale peut renvoyer un signal fort », a-t-il déclaré.
Un procès qui lasse les Kinois
Cependant, à Kinshasa, l’intérêt suscité au début du procès de Constant Mutamba semble diminuer. Dans les rues de la capitale, les habitants expriment leur lassitude face à une affaire jugée longue et complexe.
« En tout cas, ce procès, ça ne m’intéresse plus parce qu’on ne sait pas comprendre et jusqu’aujourd’hui on est en train de ramener le procès. On ne sait plus comment s’intéresser à cela. C’est fini », a affirmé un habitant de Kinshasa.
L’avenir politique de Mutamba en jeu
Au-delà des enjeux judiciaires, ce procès pourrait également influencer le parcours politique de Constant Mutamba, selon le professeur Germain Kuna Maba, enseignant en sciences politiques et recteur de l’Université Kongo.
« S’il est condamné, il n’y aura pas assez de conséquences parce que le temps passé en prison a joué contre sa notoriété. La ferveur qu’avaient les gens de le soutenir a été un peu écorchée par quelques dossiers sales soulevés contre l’acteur politique qu’il est », a-t-il ajouté.
L’affaire de Mutamba a débuté en 2025 avec le dossier de la prison de Kisangani, qui lui a valu une première condamnation pour le détournement de près de 19 millions de dollars.
Source : Deutsche Welle


