200 000 appareils piratés : ce botnet utilise la blockchain pour brouiller les pistes

200 000 appareils piratés : le botnet Dysphoria utilise la blockchain pour brouiller les pistes

Un nouveau botnet, dénommé Dysphoria, a été identifié par les chercheurs de QiAnXin XLab au cours du premier trimestre 2026. Ce botnet a réussi à compromettre 200 000 objets connectés à travers le monde, ciblant principalement des appareils tels que des routeurs et des caméras. Dysphoria est décrit comme faisant partie d’une famille émergente de botnets, en forte expansion.

Les chercheurs notent que « en quelques mois seulement, la famille a bénéficié de fréquentes mises à jour de variantes et d’itérations techniques, démontrant une résilience extrêmement forte ».

Attaques DDoS et relais réseau

Pour atteindre ses objectifs, Dysphoria emploie des tactiques bien connues. Le botnet commence par tester automatiquement des mots de passe par défaut, exploitant ainsi la négligence des utilisateurs qui ne modifient pas les identifiants de leurs appareils. Il tire également parti de vulnérabilités connues, notamment celles des routeurs grand public, comme le Linksys E1700.

Les appareils compromis sont principalement utilisés pour effectuer des attaques par déni de service distribué (DDoS), inondant les serveurs d’un site web de requêtes afin de les rendre inaccessibles. Les pirates revendiquent une capacité de DDoS maximale de 4 térabits par seconde, plaçant Dysphoria parmi les botnets les plus puissants actuellement actifs. De plus, certaines variantes du botnet abandonnent les fonctions DDoS pour se concentrer sur le relais de trafic réseau, dissimulant ainsi d’autres opérations malveillantes.

Un botnet qui utilise la blockchain pour passer inaperçu

Dysphoria se distingue des autres botnets largement utilisés, souvent basés sur le code de Mirai. Au lieu de dépendre de domaines ou d’adresses IP fixes, il utilise des services de noms décentralisés sur la blockchain, tels que l’Ethereum Name Service (ENS) et le Solana Name Service (SNS). Cela permet aux appareils infectés de recevoir l’adresse de leur serveur de commande via des noms de domaine associés à la blockchain.

Pour compliquer davantage la traçabilité, certaines instructions sont déguisées en fausses adresses IPv6, ce qui trompe les outils de surveillance habituels. De plus en plus de cybercriminels adoptent des technologies blockchain pour opérer dans l’ombre, une tendance également observée chez des hackers nord-coréens qui cachent des scripts malveillants dans des contrats intelligents sur des blockchains comme Ethereum ou Binance Smart Chain.

Source : QiAnXin XLab.

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