Agriculteurs, couvreurs, aides à domicile, intérimaires. Les accidents du travail sont plus fréquents chez les jeunes et en Bretagne, en Loire-Atlantique ou dans le Sud-Ouest

Accidents du travail : une prévalence alarmante chez les jeunes et dans certaines régions

En 2023, la France a enregistré 668.510 accidents du travail entraînant au moins un jour d’arrêt, selon les données publiées par la Dares, le service statistique du ministère du Travail. Ce chiffre représente une situation préoccupante, notamment dans des secteurs tels que l’intérim, les transports, la construction, ainsi que la santé et le médico-social.

Les métiers à risque sont nombreux. Parmi ces accidents, 818 ont été mortels, et la durée cumulée des arrêts de travail correspond à l’équivalent de près de 160.000 emplois en équivalents temps plein non travaillés pendant un an. Les intérimaires sont particulièrement touchés, avec un risque d’accidents du travail deux fois plus élevé que la moyenne, en raison de leur exposition accrue et de la nature des secteurs qui les emploient.

Secteurs à risque

Les secteurs les plus touchés incluent le transport et l’entreposage, où la durée cumulée des jours d’arrêt dus à un accident du travail représente 1,5% du volume de travail total. Les accidents sont également fréquents dans le secteur de la santé et du médico-social, avec des arrêts de travail représentant 1,4% de l’emploi total. La construction et l’agriculture sont également des secteurs à risque, avec une fréquence d’accidents graves trois fois supérieure à la moyenne nationale dans l’agriculture.

Profil des victimes

Les jeunes, en particulier les salariés de moins de 20 ans, sont les plus souvent victimes d’accidents du travail, avec un taux de 25 accidents par million d’heures rémunérées, contre 13 pour les salariés de 60 ans ou plus. En revanche, les accidents graves deviennent plus fréquents avec l’âge, et la fréquence des accidents mortels augmente également avec l’âge.

Disparités régionales

Les accidents du travail sont également inégalement répartis sur le territoire. Les zones d’emplois spécialisés dans l’industrie, notamment en Bretagne et dans les Pays de la Loire, présentent une fréquence plus élevée d’accidents. De même, les zones agricoles du quart Sud-Ouest sont les plus exposées, avec des taux d’accidents 1,9 fois plus élevés que dans les grandes agglomérations. En revanche, les grandes villes comme Paris, qui concentrent davantage d’emplois de cadres et de services, sont les moins affectées.

Ces statistiques soulignent l’urgence d’améliorer les conditions de travail, en particulier pour les jeunes et dans les secteurs à risque.

Source : Dares, mai 2023

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