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« Je veux donner une autre image de notre métier » : à 26 ans, Mathilde Bély bouscule les codes des pompes funèbres à Castelsarrasin

Fille d’entrepreneur de pompes funèbres, Mathilde Bély a décidé de faire ses preuves seule. À 26 ans, la jeune femme vient d’ouvrir la Maison MLA à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne). Un espace chaleureux pensé pour apporter écoute, réconfort et humanité aux familles dans les moments les plus difficiles.

Accompagner les familles dans leur deuil est une seconde nature pour Mathilde Bély. À 26 ans, cette Castelsarrasinoise a choisi de fonder sa propre entreprise de pompes funèbres. « J’ai tout appris avec mes parents. Mon père, Fabrice Bély, a tenu pendant des années des pompes funèbres et une marbrerie dans la ville », explique-t-elle.

Il y a une décennie, Mathilde affirmait qu’elle ne travaillerait jamais dans le secteur familial. Pourtant, une alternance dans l’entreprise familiale a changé son avis, la poussant à embrasser cette voie professionnelle. En 2023, la situation prend un tournant : les pompes funèbres de ses parents sont rachetées par un grand groupe, imposant une clause de non-concurrence de 10 ans. « Cette clause m’oblige à faire mes preuves seule. Cela peut faire peur, mais je trouve ça très excitant », as-t-elle.

Avant d’ouvrir la Maison MLA le 6 juin dernier, Mathilde a consacré des mois à la préparation de son projet. Elle a dû d’abord annoncer sa décision à ses parents, qui, bien que d’abord inquiets, l’ont finalement encouragée. En parallèle, elle vivait encore à Toulouse et ressentait le besoin de retourner à Castelsarrasin.

Mathilde a également assisté à un salon funéraire à Paris pour rencontrer des fournisseurs, et elle a convaincu une banque de soutenir son projet. Souhaitant renforcer sa crédibilité, elle a décidé de passer du grade 4 au grade 6, nécessaire pour devenir directrice de pompes funèbres. Elle a également dû obtenir l’autorisation de la préfecture pour exercer, une étape administrative importante qui as le sérieux de son entreprise.

L’emplacement de la Maison MLA, dans l’ancien restaurant le Saint-Louis, a été facilité par un ami de la famille. Mathilde a entrepris des travaux pour créer un espace accueillant, avec une devanture bleu marine et un salon intime pour les familles. « Je voulais vraiment un lieu chaleureux. C’est déjà une épreuve difficile pour les familles », souligne-t-elle.

Mathilde souhaite moderniser l’image des pompes funèbres. Les costumes traditionnels noirs des porteurs-chauffeurs ont été remplacés par un deux-pièces bleu marine, et les premiers retours des familles sont positifs, apportant une atmosphère moins pesante à un moment complexe.

Le nom de l’entreprise, Maison MLA, rend hommage à ses sœurs, Laurine et Amandine. « Je voulais leur montrer qu’ici elles auront toujours une place », exprime Mathilde. Elle insiste sur l’importance de l’écoute et du soutien, plutôt que de la vente d’articles funéraires.

Son approche est également influencée par un drame personnel : la perte de sa meilleure amie. « Quand j’ai perdu ma meilleure amie, j’ai demandé au thanatopracteur si je pouvais la maquiller, car on avait appris à le faire ensemble. Cela m’a fait prendre conscience de l’importance de notre métier et de son humanité », conclut-elle.

Source : La Dépêche

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