Xenia Fedorova : les sénateurs saluent l’arrêté d’expulsion de la « propagandiste de Poutine »

Xenia Fedorova visée par un arrêté d’expulsion en France

Xenia Fedorova, ancienne présidente de la chaîne pro-russe Russia Today, fait l’objet d’un arrêté d’expulsion du territoire français. Sa présence est jugée comme une atteinte « aux intérêts fondamentaux de l’État » et constitue « une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public », selon le quotidien Libération. Cette décision intervient alors qu’elle est également sous le coup d’une interdiction de séjour en Allemagne pour des motifs similaires.

Fedorova, qui intervient sur les médias des groupes Canal + et Lagardère, est connue pour ses positions pro-Kremlin concernant la guerre en Ukraine. Elle est régulièrement accusée de désinformation et de reprendre la rhétorique du Kremlin, notamment en qualifiant le conflit d’« opération militaire spéciale ». Le 10 mai, elle affirmait que « c’est l’Occident qui a décidé de prolonger ce conflit », et le 27 juillet, elle a nié les pénuries en Russie, affirmant que « Internet fonctionne » et qu’il n’y a « aucune pénurie d’essence ».

Le ministère de l’Intérieur a fondé son arrêté sur l’article 631-3 du Code d’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), qui permet l’expulsion d’une personne si elle représente une menace grave pour l’ordre public. Les avocats de Fedorova contestent cette décision, affirmant qu’elle est en situation régulière et prévoient de contester la légalité de l’arrêté devant la justice administrative.

Le groupe Bolloré, qui emploie Fedorova, a exprimé son soutien, dénonçant une atteinte à la liberté d’expression. D’autres personnalités politiques, notamment du Rassemblement National et de Debout la France, ont également manifesté leur soutien à la chroniqueuse.

En revanche, plusieurs députés du Parti Socialiste et de la majorité présidentielle saluent la décision du gouvernement. Ils estiment que l’expulsion est justifiée face à une personne qui véhicule la propagande d’un pays engagé dans un conflit armé.

Cette me s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre ce que certains qualifient de « guerre hybride » menée par la Russie. Le Parlement européen a d’ailleurs adopté une résolution appelant à des sanctions contre Fedorova.

Les débats autour de cette affaire soulignent la tension entre la liberté d’expression et la sécurité nationale, avec des voix s’élevant des deux côtés pour défendre ou contester la décision d’expulsion.

Source : Libération

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